Archive for the 'entre parenthèse (…etc.).' Category

Lors de ma promenade matinale je vis qu’il y avait du vrai dans cette image.


Comme chaque jour (ou chaque nuit…) Dame, le confinement a renforcé des addictions dont l’insomnie s’accommode, je surfais tranquillement aux commandes de mon vaisseau,
l’image que je cherchais n’avait rien à voir avec le sujet de ce billet,
tout était tranquille sur la toile
Au diable, me dis-je, prenons les petits chemins creux
par simple curiosité
et voyons voir.
Une main sur la souris,
le clavier azerty cliquetant sous l’autre,
le glissé-déposé sur la recherche d’images
quand soudain dans un beau reportage d’Oliver Stegmann sur les gens du cirque.
je tombe,au détour de la page, sur cette image anodine d’un clown se maquillant
et ceci refléta cela.
Instantanément.
Cette nouvelle vision, imparfaite et ô combien déroutante de la DMLA posée sur un œil…
Dans une seule photo.
Où qu’il se pose le regard passe par l’analyse du cerveau,
un seul œil scanne la réalité
l’autre fait zigzaguer les droites
tant horizontales que verticales
le centre de l’image se rétrécit
le reste flotte et s’éloigne comme sous LSD
et le cerveau fait un constant travail de traduction du réel ;
l’ennui,
ici,
c’est qu’il n’y a pas de réveil comme après un mauvais rêve,
punctum proximum et remotum se confondent dans un état permanent de mise au point hésitante
une vision avec laquelle il faut s’habituer.
Heureusement l’œil directeur n’a rien
il prend le dessus
et fait la majorité du travail
gommant
effaçant
supprimant les traces qui divaguent.
Retrouver la vision binoculaire du temps jadis il faut en faire le deuil et s’adapter…
Quand tu es « dans l’image »
un « visuel » depuis toujours
et que tu as goûté à la vision (quasi) monoculaire pendant deux mois
à la suite d’une vitrectomie
tu t’estimes heureux
oui
heureux.
Du silicone qui remplissait l’œil tu gardes une petite bulle
car comme te l’as expliqué le chirurgien
il existe des coins et des rabicoins dans un globe oculaire.


« Gaston »
2017
@ Oliver Stegmann
……

« Shot against time ».
@Evgen Bavcar

Dans ma vision au quotidien, la petite horloge représente la bulle d’huile de silicone.

Vojtech Slama ou l’élégance du pêcheur d’images au quotidien

Le matin en même temps que mon café je fais mon jogging sur la toile
oui je sais, je ferais mieux de sortir et de faire quelques kilomètres dans la fraîcheur matinale de la campagne… Ou de poster ici plus souvent.
Mais bon !
Je vais d’un tumblr à l’autre en écoutant un podcast ou fip
La rosée,
le givre,
les brumes qui tardent à se lever après la nuit noire sont à la fenêtre
j’observe les cinquante-et-une nuances de gris de ce petit royaume du (Très Très Grand ) Nord
quand soudain au hasard d’une page
je tombe sur cette image
oui, la première
l’œil s’attarde sur ce dos,
malgré la trivialité de la pose
la familiarité
voire l’intime de la chose
le charme s’opère…
Je te laisse .couvrir
c’est le cas de le dire.
A demain ?


Catherine in The Pond, Slatina, CZ, 1998

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Vojtech Slama.

Quand Charlotte est dans la forêt, Charlotte danse.

Le charme opère
les choses se mettent en place toutes seules
elles viennent sans crier gare.
En la voyant les gens disent :
Oh la belle plante !
Et pour cause, Charlotte, est un monstera deliciosa,
en ce moment
elle regarde par dessus mon épaule
comment je la dessine dans l’espace
à l’aide de fil de fer
ça l’intéresse…
Elle se dit en elle même « mon petit Calder ».
Contente d’être ma muse.
Elle trouve que je prends quelques liberté sur la ressemblance
mais se trouve jolie finalement.
Alors elle danse.
.

https://datura21.tumblr.com/post/667046247702691840/quand-charlotte-est-dans-la-for%C3%AAt-charlotte-danse

https://datura21.tumblr.com/post/667177736589197312/charlotte-la-suite-de-ses-aventures


Charlotte est ici aussi.

https://datura21.tumblr.com/post/666538769335418880/charlotte-a-son-livre-maintenant

Les pivoines au sx70.

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Comme des cumulus colorés dans le ciel,
si le bleu avait de l’imagination.
Oui, de l’imagination.
Orage polychrome comme en préparation.
Encore une autre vision.



La mort en ce Chardin à vingt et un grammes près.



Je ne sais si Kathleen Ryan est animée
par les même intentions
que le casanier et monacal Jean-Siméon
qui, lui, laissait toute latitude à la pourriture
pour s’emparer
petit à petit
de ses compositions de natures mortes.
Il est évident que, vouant un culte à ce dernier (je parle de Chardin bien sûr)
le petit flou sur la pourriture noble ou pas
reste une respiration, paradoxalement.
Me reviennent en mémoire ces animations en accéléré dans « Zoo »
« Heu zète and tou nautsseu » comme nous aimions à nous moquer « façon vernissage »
de ce bon vieux Peter Greenaway qui n’a pas fini de moisir, lui, malheureusement… Pire que des matriochkas dans une partouze, ce garçon.
Me reviennent aussi les études approfondies de Sally Man sur les corps des « Body farms » lieux d’études de la médecine légale,
ou encore le lapin en train de pourrir façon accélérée dans « Répulsion » de Polanski,
les morts, très inventives, dans « Seven » où la décomposition est le fond de commerce de David Fincher… La momification de la mère d’Anthony Perkins dans psychose,
et enfin (nous n’allons pas tous les faire) Tommy Lee Jones se trimbalant avec le cadavre de son ami, tout au long de « The Three Burials of Melquiades Estrada »… Tout cela me revient en mémoire mais seul un lièvre mort suspendu à un clou chez Chardin me rappelle combien ce type était un grand peintre.
Tu pourrais donner le poids de l’animal à vingt et un grammes près.
Oui, à vingt et un grammes près.
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