Archive for the 'moisi' Category

Avant tumblr il y avait les carnets.


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Ado,
quand tu vis en Afrique,
la Nature (sic)
les animaux,
les journaux,
les revues,
les livres de poche
c’est ton quotidien :
Karen Blixen,
tu découvres en même temps que Maupassant ou Stendhal
et puis…
Tu rencontres Peter Beard pour la première fois,
là, c’est l’engouement total.
Obsessionnel.
Une prolifération d’images à n’en plus finir,
des carnets débordants de partout
de photos,
d’écrits,
de tissus,
d’encres,
de pigments,
de collages.
Une générosité ad nauseam
(comme sur la photo ci-dessus)

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La première rencontre avec Agnès Richter (1844-1918).

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La première fois que je la vois,
elle est là,
sage,
en haut de l’escalier qui mène à l’étage de l’exposition
« La beauté insensée »
Une veste grise
en lin grossier,
comme celui utilisé dans les hôpitaux
pour les draps, les vêtements
brodé partout avec du fil de couleur.
Le cou et l’épaule garnis de tissu brun.
La veste légèrement sur-dimensionnée
pour un corps de petite taille.

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agnès richt
Agnès Richter fe4c3fd0a7_o

Dans un all-over le tissu est envahi par le fil de couleur
écriture lézardée et serrée.
Intérieur comme extérieur sont recouverts
L’extérieur du manchon a été cousu à l’intérieur
comme retourné.
Sur les manches,
la police est lisible à l’extérieur.
Qui était Agnès Richter?
A-t-elle eu des enfants?
On lit les notes dans le désordre, malgré soi.
Les «enfants» apparaît en un seul endroit.
elle révèle qu’elle avait des frères et sœurs.
«Ma sœur» et «la liberté de mon frère? »
Un «cuisinier» est mentionné.
Ce qui était important pour elle?
«Cerises» et d’ailleurs «aucunes cerises »;
puis des références constantes aux vêtements.
Agnès Richter, couturière autrichienne, fut internée contre son gré dans un hôpital psychiatrique de l’âge de quarante ans jusqu’à la fin de sa vie, vingt-six ans plus tard. Là, elle s’employa d’abord à défaire toutes les coutures de la veste de son uniforme de lin gris pour ensuite la remonter, en 1895, à sa propre manière, sans vraiment ni dehors, ni dedans, après l’en avoir entièrement couverte, en cinq couleurs différentes de phrases brodées, si denses et enchevêtrées qu’elles en étaient devenues par endroit illisibles, elle seule détenant le secret de cette seconde peau tatouée pourtant obstinément offerte à la vue de tous.
Intime, obsessionnel et possessif… Apparaissent les mots « je », « mon », « enfant », »sœur », « cuisinière », »à travers mes bas blancs », »mon habit », »frère liberté », »né le 19 juin 1873″, « ma veste », « mes bas blancs … », « je suis au Hubertusburg / rez-de-chaussée », « soeur ».avec le numéro de la blanchisserie « 583 Hubertusburg » rebrodé pour mieux s’intégrer au flux de son propre récit.
La veste est aujourd’hui conservée, sous le numéro 793, à la fameuse collection Prinzhorn de l’université d’Heidelberg.

Des fois…

Des fois
c’est comme ça…
Lorsqu’au réveil,
les songes se dissipent.

aaa-songe
Anna Malina©

Un certain Malick.

Ce couple qui danse reste un monument de simplicité et de fraîcheur…
Un soixantième de bonheur.

malick sidibe161a
Je garde une profonde tendresse pour Malick Sidibe tant il me rappelle ces années adolescentes,
perdu au fin fond du Cameroun,
à Foumban…
J’allais porter mes films noir et blanc à développer dans un magasin pareil au sien à Bamako… C’est à dire une petite officine où le bonhomme faisait tout lui-même au milieu d’un fatras d’appareils démontés, de revues, de chiffons sales.
Oh ! Ne me demandes pas le nom, je ne m’en rappelle plus…
C’était juste à côté de la quincaillerie de Pauleau… Raphaël, pas Auguste… Auguste tenait la librairie, plus loin.
Mais je m’égare.
Le film était développé « dans la semaine sans faute » et revenait toujours « un peu voilé », un peu « pâlichon  » mais bon !
Les tirages gris, plutôt que noir et blanc restaient magiques.
Si tu es en Afrique pour avoir la perfection, t’es mal barré !
Tu fais avecque,
et c’est bien comme ça…
Tu sais, c’est comme pour la viande :
au marché, les mouches ;
on passait sous le robinet avant et on « la cuisait bien ».
tu avais des vers ou pas.
Mais revenons à nos photos.
Malick a eu la mauvaise idée de nous quitter hier,
il laisse une œuvre considérable,
sans autre ambition que de capturer la vie,
le moment ,
mais tellement bien,
tellement simplement…
Tellement simplement.
Je ne vais pas faire dans l’hommage appuyé ou la nécro,
je préfère garder cette petite parcelle d’adolescence,
fugitivement entr’aperçue sur ses clichés au bonhomme.

Benoit Facchi a rencontré le bonhomme et en parle très bien sur son blog et André Magnin lui rend un bel hommage aussi.
Par contre si on veut approfondir à la photographie en Afrique on lira « Préserver les archives photographiques africaines : pour une cartographie des acteurs et des initiatives » qui est un assez beau tour d’horizon du sujet.

Malick Sidibeck3

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malick sidibePortfolio

“Vulcanelli di Macalube”.

Hier Agrigente…
La vallée des temples,
visite du jardin et juste avant…
Près de la petite ville d’Aragona
les bouillons des « vulcanelli di Macalube ».
Guy de Maupassant les voyaient déjà, en 1885, comme « les pustules d’une terrible maladie de la nature » ce qui est déjà, en soi, une description terrible pour l’auteur du Horla…
Étendue à perte de vue d’un paysage époustouflant, plus proche de l’Amérique du Nord que de l’Europe,
les graminées à l’infini, jaune d’or ou de paille et la terre crevassée et friable sous les pieds.
Univers à la Paris-Texas à perte de vue.
Tu ne serais pas autrement étonné de rencontrer Harry Dean Staton te demandant où se trouve la voie ferrée pour se retrouver dans un long dialogue à travers la vitre.
Ici la marmite de Vulcain glougloute gentiment
mijotant on ne sait quel plat.
La boue,
d’abord en flaques informes,
puis se desséchant
forme des stalagmites gris-vert clair.
Le sol légèrement élastique et moelleux,
sous les pieds,
reste friable.
Ce jus me fais penser à la piscine de Lubum. en 2009… Les grenouilles en moins.


Wispra referme son journal et retourne vers la voiture laissée à l’entrée du parc.
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(Sicile Juillet 2013… Clic sur les images pour agrandir… Re-clic pour les avoir plein écran).

« vulcanelli di Macalube » from luc lamy on Vimeo.

(Sicile Juillet 2013… J’ai opté pour viméo, finalement… En ayant  »perdu » toutes mes vidéos téléchargées sur Blip-tv).

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