Archive for the 'les carnets' Category

Les gens avaient cette retenue.

Pour qui n’avait pas de retardateur,
le cordon ombilical reliant à l’appareil,
c’était la lampe d’Aladin.
Magique !
Un peu comme ces boîtes de conserve, reliées par un fil,
avec lesquelles les gosses se téléphonaient.
Mais revenons au fil du déclencheur.
Les gens intériorisaient
un court instant
ce moment,
ce soixantième de seconde
qui sur le film celluloïd imprimerait,
que dis-je,
immortaliserait cet instant.
Le génie de la boîte était indulgent pour qui avait attendu le moment opportun,
pour appuyer du pouce sur le déclencheur,
permettant de mettre en évidence sa propre solitude
ou cette communion avec des amis.
Loin des selfies actuels,
les gens avaient encore cette retenue,
cette pudeur,
cet émerveillement
par rapport à l’inconnu,
à ce qui allait s’engranger dans la boîte…
L’attente du développement.
Ici les photos sont prises dans un studio improvisé à Birmingham
dans la fin des seventies
où qui veut participe à l’expérience
Mais lis plutôt.




Un certain Philippe Favier.

« Mais avant toute chose, je crois être un dessinateur plus qu’un peintre. J’aime le contact du crayon ou de la plume sur le papier, de la pointe sur le métal ou sur le verre, le mou du pinceau dans ce qu’il transmet de déséquilibre, de vertige, m’indispose quelquefois… » dit Philippe Favier dans une interview.
Découvert récemment par votre humble serviteur grâce à un lien d’un agent secret basé en France, je suis tombé sous le charme de ces collages comme de ceux de Joseph Cornell par le passé ou de certains photomontages surréalistes.
Ne me demandez pas si je suis jamou (sic) de son château du XVIIème s.
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Ces choses qui te suivent…

incipit :
plus bas, tu trouveras un lien
c’est mieux de l’enclencher
puis de lire.
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Ces choses qui te suivent
pendant ton travail
La douce berceuse
du clochard aveugle
du clochard céleste
« Le viking de la 6ème avenue »
cet hommage à peine déguisé
dédié
à Charlie Parker
aka « Bird ».
De façon pareillement incantatoire
ton crayon revient
ta gomme contredit
apporte de la lumière
elle n’efface pas
la gomme
elle module
sculpte
le crayon revient
ces deux là se parlent
douce transe
la trame se met en place
après Moondog tu te mettras le Köln Concert…
Quatre plages de 33T.
et puis s’en vont.

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Avant tumblr il y avait les carnets.


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Ado,
quand tu vis en Afrique,
la Nature (sic)
les animaux,
les journaux,
les revues,
les livres de poche
c’est ton quotidien :
Karen Blixen,
tu découvres en même temps que Maupassant ou Stendhal
et puis…
Tu rencontres Peter Beard pour la première fois,
là, c’est l’engouement total.
Obsessionnel.
Une prolifération d’images à n’en plus finir,
des carnets débordants de partout
de photos,
d’écrits,
de tissus,
d’encres,
de pigments,
de collages.
Une générosité ad nauseam
(comme sur la photo ci-dessus)

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Teresa.

Nous avons parlé bouffe essentiellement,
de l’Italie,
de Naples
et des Pouilles,
puis nous avons mangé.
Des pâtes, avocat, pistaches et poutargue, je crois.
Était-ce de la « Fregola al nero » ?
– Inoubliable la dégustation d’huiles au sésame, me rappelle-t-elle.
L’Italie, forcément, puisqu’elle vient de là,
des Pouilles plus exactement,
et Naples ?
A cause de la série « Gomorra »
avec Ciro, Patrizia, Pietro Savastano
et bien d’autres.
Cet art du non-dit, de l’escamoté dans la langue…
On ne comprend que deux scènes plus tard
ce que voulait dire ce silence
ce regard,
un peu comme ici.

000 delfine
Chambre technique, Fujifilm, Polaroid FP-100C silk

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