Archive for the 'les carnets' Category

La famille (dé)composée.

Avec cet objet révolutionnaire
recomposer sa famille n’aura jamais été aussi facile
littéralement une « machine à souvenirs ».
Envie d’un arrière grand-père bougon,
anti-clérical,
amateur de femmes un peu légères ?
– Rien de plus simple : tapez C69
(« C » comme connard et soixante-neuf…
Je ne vais pas tout expliquer).
Envie d’une aïeule un peu névrosée
enfermée à seize ans dans un couvent
qui s’en échappe à vingt
et part pour l’Inde ?
Tapez THC
La drogue c’est mal.
Un fiston de dernière génération (les « Y »)
avec iPod®,
MacBook Pro® et
tablette android dernier cri
pas compliqué,
– Composez R2D2.
HAL9000
pour un môme s’inscrivant à Yale,
attention !
Ne pas se tromper.
On peut bien sûr opter pour un panaché
une famille sans histoire
un départ à l’étranger,
des fins de race
ou encore
… la moustache du père
Qui est mort d’une glissade
Et qui regarde son troupeau

mais
celle-là
elle a déjà été écrite par un homme de grand talent.
Bref ! Tu vois,
depuis que le monde est monde,
Dieu s’amuse.


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(Photo empruntée à Thierry Massin sur un réseau (as)_(anti)_social que je ne nommerai pas).
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Et en parlant de ça,
me revient cette histoire singulière
Mais je te laisse découvrir
ce curieux scénario
dont je ne me lasse pas.

Au début des années 80, l’écrivain Michel Folco a eu une drôle de lubie :
collectionner les photos laissées près des photomatons…
Jusqu’au jour où il fit une drôle de découverte.

Voir sur Twitter L’inconnu du photomaton

Les gens avaient cette retenue.

Pour qui n’avait pas de retardateur,
le cordon ombilical reliant à l’appareil,
c’était la lampe d’Aladin.
Magique !
Un peu comme ces boîtes de conserve, reliées par un fil,
avec lesquelles les gosses se téléphonaient.
Mais revenons au fil du déclencheur.
Les gens intériorisaient
un court instant
ce moment,
ce soixantième de seconde
qui sur le film celluloïd imprimerait,
que dis-je,
immortaliserait cet instant.
Le génie de la boîte était indulgent pour qui avait attendu le moment opportun,
pour appuyer du pouce sur le déclencheur,
permettant de mettre en évidence sa propre solitude
ou cette communion avec des amis.
Loin des selfies actuels,
les gens avaient encore cette retenue,
cette pudeur,
cet émerveillement
par rapport à l’inconnu,
à ce qui allait s’engranger dans la boîte…
L’attente du développement.
Ici les photos sont prises dans un studio improvisé à Birmingham
dans la fin des seventies
où qui veut participe à l’expérience
Mais lis plutôt.




Un certain Philippe Favier.

« Mais avant toute chose, je crois être un dessinateur plus qu’un peintre. J’aime le contact du crayon ou de la plume sur le papier, de la pointe sur le métal ou sur le verre, le mou du pinceau dans ce qu’il transmet de déséquilibre, de vertige, m’indispose quelquefois… » dit Philippe Favier dans une interview.
Découvert récemment par votre humble serviteur grâce à un lien d’un agent secret basé en France, je suis tombé sous le charme de ces collages comme de ceux de Joseph Cornell par le passé ou de certains photomontages surréalistes.
Ne me demandez pas si je suis jamou (sic) de son château du XVIIème s.
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Ces choses qui te suivent…

incipit :
plus bas, tu trouveras un lien
c’est mieux de l’enclencher
puis de lire.
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Ces choses qui te suivent
pendant ton travail
La douce berceuse
du clochard aveugle
du clochard céleste
« Le viking de la 6ème avenue »
cet hommage à peine déguisé
dédié
à Charlie Parker
aka « Bird ».
De façon pareillement incantatoire
ton crayon revient
ta gomme contredit
apporte de la lumière
elle n’efface pas
la gomme
elle module
sculpte
le crayon revient
ces deux là se parlent
douce transe
la trame se met en place
après Moondog tu te mettras le Köln Concert…
Quatre plages de 33T.
et puis s’en vont.

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Avant tumblr il y avait les carnets.


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Ado,
quand tu vis en Afrique,
la Nature (sic)
les animaux,
les journaux,
les revues,
les livres de poche
c’est ton quotidien :
Karen Blixen,
tu découvres en même temps que Maupassant ou Stendhal
et puis…
Tu rencontres Peter Beard pour la première fois,
là, c’est l’engouement total.
Obsessionnel.
Une prolifération d’images à n’en plus finir,
des carnets débordants de partout
de photos,
d’écrits,
de tissus,
d’encres,
de pigments,
de collages.
Une générosité ad nauseam
(comme sur la photo ci-dessus)

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