Archive for the 'rapport au sol' Category

Libellule s’évade.

La verticalité des passants et de l’ombre à gauche,
l’horizontalité lumineuse de la fuite et des autre badauds à droite.
Crouton (l’inspecteur) arrive au loin, barrant le passage vers la douane (que l’on devine au fond fléchée vers la gauche) mais empêche aussi l’accès à la passerelle du navire (servant de support au phylactère soit dit en passant).
L’image est coupée en deux dans le sens vertical :
D’un côté Crouton tapi dans l’ombre à l’intérieur
et de l’autre côté,
dans la lumière,
à l’extérieur
Libellule et Gil Jourdan qui l’entraîne hors de vue,
en une fraction de seconde.
Nous sommes au cinéma,
du moins nous avons le même passe-partout que pour regarder Hawks, Welles, Peckinpah ou Tavernier.
Tout l’art de Tillieux résumé en une case.
Je pourrais prendre une planche aussi,
lui qui affectionnait les courses-poursuites en tous genres…
Mais ici tout est résumé en un seul plan,
une lecture classique de gauche à droite,
de haut en bas,
tout se passe en une fraction de seconde,
la dramaturgie est là.

Du coup (formule très en vogue à l’heure actuelle) je me suis fait « Popaïne et vieux tableaux » dans la foulée de ce merveilleux album qu’est « Libellule s’évade ».
Le plaisir est resté le même tant c’est bien fichu.
Tillieux vous étiez un génie
de la bande dessinée,
certes,
mais un génie…
Au même titre que Franquin.
Tiens, à propos de ce dernier… N’oubliez pas de signer la pétition de Gaston





Les fanons.

Fiers ils trônaient sur leur prise.
La baleine avait résisté pourtant


@Han Youngsoo

« Vive la baleine » par Mario Ruspoli et Chris Marker.
Prends-toi 17 minutes pour ce documentaire daté,
certes,
’72 c’était hier pourtant.

Chris Marker & Mario Ruspoli – Vive la baleine (1972) from Ignis Fatuus on Vimeo.

Vojtech Slama ou l’élégance du pêcheur d’images au quotidien

Le matin en même temps que mon café je fais mon jogging sur la toile
oui je sais, je ferais mieux de sortir et de faire quelques kilomètres dans la fraîcheur matinale de la campagne… Ou de poster ici plus souvent.
Mais bon !
Je vais d’un tumblr à l’autre en écoutant un podcast ou fip
La rosée,
le givre,
les brumes qui tardent à se lever après la nuit noire sont à la fenêtre
j’observe les cinquante-et-une nuances de gris de ce petit royaume du (Très Très Grand ) Nord
quand soudain au hasard d’une page
je tombe sur cette image
oui, la première
l’œil s’attarde sur ce dos,
malgré la trivialité de la pose
la familiarité
voire l’intime de la chose
le charme s’opère…
Je te laisse .couvrir
c’est le cas de le dire.
A demain ?


Catherine in The Pond, Slatina, CZ, 1998

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Vojtech Slama.

Quand Charlotte est dans la forêt, Charlotte danse.

Le charme opère
les choses se mettent en place toutes seules
elles viennent sans crier gare.
En la voyant les gens disent :
Oh la belle plante !
Et pour cause, Charlotte, est un monstera deliciosa,
en ce moment
elle regarde par dessus mon épaule
comment je la dessine dans l’espace
à l’aide de fil de fer
ça l’intéresse…
Elle se dit en elle même « mon petit Calder ».
Contente d’être ma muse.
Elle trouve que je prends quelques liberté sur la ressemblance
mais se trouve jolie finalement.
Alors elle danse.
.

https://datura21.tumblr.com/post/667046247702691840/quand-charlotte-est-dans-la-for%C3%AAt-charlotte-danse

https://datura21.tumblr.com/post/667177736589197312/charlotte-la-suite-de-ses-aventures


Charlotte est ici aussi.

https://datura21.tumblr.com/post/666538769335418880/charlotte-a-son-livre-maintenant

La mort en ce Chardin à vingt et un grammes près.



Je ne sais si Kathleen Ryan est animée
par les même intentions
que le casanier et monacal Jean-Siméon
qui, lui, laissait toute latitude à la pourriture
pour s’emparer
petit à petit
de ses compositions de natures mortes.
Il est évident que, vouant un culte à ce dernier (je parle de Chardin bien sûr)
le petit flou sur la pourriture noble ou pas
reste une respiration, paradoxalement.
Me reviennent en mémoire ces animations en accéléré dans « Zoo »
« Heu zète and tou nautsseu » comme nous aimions à nous moquer « façon vernissage »
de ce bon vieux Peter Greenaway qui n’a pas fini de moisir, lui, malheureusement… Pire que des matriochkas dans une partouze, ce garçon.
Me reviennent aussi les études approfondies de Sally Man sur les corps des « Body farms » lieux d’études de la médecine légale,
ou encore le lapin en train de pourrir façon accélérée dans « Répulsion » de Polanski,
les morts, très inventives, dans « Seven » où la décomposition est le fond de commerce de David Fincher… La momification de la mère d’Anthony Perkins dans psychose,
et enfin (nous n’allons pas tous les faire) Tommy Lee Jones se trimbalant avec le cadavre de son ami, tout au long de « The Three Burials of Melquiades Estrada »… Tout cela me revient en mémoire mais seul un lièvre mort suspendu à un clou chez Chardin me rappelle combien ce type était un grand peintre.
Tu pourrais donner le poids de l’animal à vingt et un grammes près.
Oui, à vingt et un grammes près.
.

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