Archive for the 'New York' Category

La grande illusion.

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times sq un (copie) from luc lamy on Vimeo.


Reflets fluides et grisants,
mirage perpétuel des vitrines de magasins,
fondu-enchaîné des produits,
tout s’achète et tout se vend,
Ça glisse,
ça passe…
Surf.
Fata morgana chère à Pratt,
les gens traversent le cadre,
Agoraphobie ?
Non.
Là, non…
C’est fluide je te dis.
Bouillon sanguin continu
aspiration constante,
pulsation régulière
ou extrasystoles passagères
interpénétration à l’infini
comme s’ils se faisaient l’amour
zabriskie Point en plein milieu de là,
Times square,
imagine.
Des dizaines,
des centaines,
des milliers d’êtres qui se traversent,
s’assemblent,
se disjoignent,
tout en transparence,
lumière,
extase,
beauté…
Ersatz de plaisir dans le consumérisme absolu de la quarante-deuxième rue :
tu es sur Broadway !
Tu es le roi !
Revlon te le prouve : selfies !

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Non, tu n’es rien…
Car,
passé le reflet…
La réalité.
Mickey dévoile son vrai visage.
C’est un migrant.
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Ma parole ! Je vole !… (Seuls les anges ont des ailes !)

Les plans scrupuleusement suivis à la lettre…
Le temps était superbe.
Nous allions pouvoir enfin procéder à notre premier vol longue distance.
Acheminer le courrier dans les coins les plus reculés,
survoler la cordillère des Andes et à l’égal de Mermoz dire:
- Tu sais, je voudrais ne jamais descendre.

AVION

On peut apercevoir l’équipe au grand complet.
Pluplu et Georges-Henry sont juchés sur notre terrible engin,
Philippe-André et Gonzague se tiennent à la queue de l’appareil
Derrière notre mascotte Pompon on reconnaît Pierre-Marie
et moi, je tiens l’hélice.
Je vous raconterai…

Indémodable.

L’image
noir et blanc
est belle
et calme.
Élégante jusqu’au bout des gants
jupe et chemisier
à peine dérangés
elle a quitté ses chaussures
pour se mettre à l’aise
assoupie en un drôle de divan
aux allures de limousine
pareille à une compression de César.
Le raccourci
montre cette belle personne
comme jouant distraitement
avec son collier
dans son sommeil.
Livrée aux regards
anonymes et flous
des passants
de la 33ème rue.
Evelyn ne se sentait pas
d’être une épouse modèle
pour son « formidable futur mari »
c’est du moins
ce que dit la légende
de la «  belle suicidée de Manhattan« .


Veux-tu que je te dise ?
Cendrillon
même au XXIème
reste indémodable !


J’espère que ce petit billet remplira de bonheur Madame de K qui attendait ma contribution à son projet d’abécédaire où j’étais en charge du mot « indémodable ».

Audrey.

There was once a very lovely,
very frightened girl.
She lived alone except for a homeless cat.

Je sais,
j’en ai déjà parlé ici
Mais,
que voulez-vous,
je ne m’en lasse pas.

.

Migumi et le yellowcake d’Ilunga.

Ito découpait
avec grand soin
ce don de l’océan ;
éliminant sans état d’âme
la chair foncée du dessus
la lame s’enfonçait
coupant sans compter
les endroits nerveux du morceau
les fines insertions des arêtes sur les côtés
afin de ne garder
que le meilleur
de ce filet de thon.
Quelques makis,
des sushis
et un émincé dans la pièce feraient un sashimi extraordinaire.
Sa fille se mariait aujourd’hui…
C’était sa contribution au buffet de la réception de ce soir.
Malgré la guerre
(depuis que l’empereur en avait décidé ainsi)
la vie était douce.
Quel beau lundi !
La journée promettait d’être inoubliable !
Ito était heureux
pour sa fille
(sa petite Migumi)
sa femme et sa famille.
Il devait penser à un haïku pour le discours.
Quoique jeune
son futur gendre
venait de s’engager.
Un bon Japonais.
Là haut
il entendait le vrombissement d’un avion
très haut.
Il décida de s’occuper du gâteau plus tard
(la cuisson du riz restait délicate)
et alla chercher une feuille de konbu.


Le même jour
à quelques milliers de kilomètres de là,
Ilunga,
pendant sa pause
buvait de l’eau,
beaucoup d’eau.
Il faisait chaud là dessous
à Shinkolobwe…
Ilunga ne savait pas ce qu’on extrayait de cette terre…
De sa terre.
Mais lis, plutôt :

(extrait de « Congo, une histoire » de D. Van Reybrouck).

Exit Ito.

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