Archive for the 'insectes' Category

Les vertiges du (petit) jour ou la drôle de mégapole.



Au milieu du tintamarre des cigales
chardons et liserons se disputent
pour y faire des manières de jardins suspendus
laissant place à de vastes espaces aérés
entre buildings hélicoïdaux et
voies de communications vétustes.
Pendant que
deux ou trois punaises gendarmes
surveillent
les fourmis
elles
sont au turbin
déjà.
Dans cette drôle de Babylone
aux nombreux points d’accroches
quelques araignées
trop contentes d’ajouter leur grain de sel
s’affairent à l’édifice rouillé
de la précaire structure
comme pour retisser
ces entrelacs de liens
qui leur avaient manqué
à l’époque.
Ponts de cordes
et bouts de ficelles
interposés au hasard des nœuds
entre les fibres du bois
et l’oxyde du métal
attestent d’une vie
ici
il y a quelques années de cela.

De matelas
il n’y en a plus
depuis longtemps.
Reste ce sommier 3/4
vestige de ces amours
où ils la conçurent.

Phrases muettes
maudits mots rengorgés
avec l’anathème pour thème
– Anna t’aime ?
T’aime plus !
Gnagnagna !
Dans le résumé
ainsi dit
post-mortem
c’en était ridicule.

Dix heures,
le soleil consent à passer par dessus la colline
écrasant tout contraste sur la frêle cité.
Il ne tardera pas à faire chaud.

Wispra range le reflex dans sa housse
et continue son périple
à travers ce champ de ruines
qu’est devenue la propriété parentale.






Avec elle, pas question de tarentelle.

Du plus loin qu’elle se souvienne
c’est de ça dont elle rêvait :
l’architecture.
Ses parents (la mère dentellière, le père tisserand)
des gens ordinaires dénués d’ambitions,
ne l’avaient jamais encouragée,
que du contraire !
La petite avait fait mille métiers pour payer ses études
« Ch’ais l’y faire » disait-elle avec son accent du Nord…
(petit défaut qu’elle oublierait par la suite,
chaque chose en son temps,
n’est ce pas ?)
Ne rechignant sur aucun petit boulot,
toujours à la tâche telle une Parque
des petits turbins à trois francs six sous,
pour payer l’école.
Point de tarentelle
et encore moins de bagatelles
pour la donzelle
durant cette période studieuse.
Ses chers syllabus avant tout !
Résistance des matériaux,
flexibilité du béton,
isolation… Bref, de l’architecture, quoi !

Ici, trois points de suspension indiquent que l’auteur de ces lignes,
rechigne à décrire une grande partie de la vie de cette bâtisseuse
qui connu un succès d’estime grâce à ses grands ensembles architecturaux
faits de câbles, d’acier et de verre
où la transparence le disputait à la légèreté,
la souplesse et l’élégance des lignes.
Elle installa ses parents dans un superbe appartement avec vue sur la tour Eiffel :
il leur fallait se rendre à l’évidence, leur fille avait une situation.
Trois petits points, donc.
(Et puis, c’est pas pour dire,
l’océan attend l’auteur pour lui sculpter le corps à la vague, aux embruns et aux vents)


Le terrain encore abordable dans la région,
les gens sympathiques et le temps clément
avaient achevé de la convaincre de tisser sa toile
dans ce pays.
« Borne Toulouse » se dit-elle,
car elle ne manquait pas d’humour.
Ce petit arbuste dans le Gers,
elle l’avait bien mérité ;
d’où elle était,
les contreforts des Pyrénées,
pouvaient s’apercevoir et
pendant les heures chaudes de la mi-journée,
elle jouissait de l’ombre d’un grand chêne proxime et centenaire.
A quelques mètres de là un point d’eau assurait de quelques libellules, nèpes et moustiques.
Attendre tranquillement le moucheron bigleux ou l’imprudent papillon qui agrémenteraient son repas,
telles étaient désormais ses principales ambitions de la journée.
Ce soir, après le dîner, elle se repasserait sans doute les aventures de son héros préféré : Spiderman.




Waza.

Dans la nuit
Waza silencieuse et noire
brille au loin
de ses petits yeux fixes

Le peu d’air,
interdit de fraîcheur,
assèche la gorge.

Pulsations de quelques palmiers.


Insectes et chauves-souris
ébouriffent le firmament
babouins et autres bêtes
sont là
invisibles.

Au travers du trop fin drap tendu
la table dure et étroite
de l’école Islamique
se rappelle aux vertèbres.

T’en ficherai des « nuits à la belle étoile » au milieu d’une réserve, en Afrique !

Peur,
ça oui !
D’être bouffé,
lacéré,
écartelé par quelques bêtes,
trop réelles,
trop cruelles,
aveugles en somme,
pendant la nuit.

Peur,
ça oui !


(Congo 1939, ma mère a seize ans).

Sur son 31 ou encore : un drame de l’adolescence.


Maintenant qu’il avait mis son beau costume,
le noeud papillon bien droit,
il s’agissait de ne pas se salir dans la mare.

Il avait
en effet
rendez-vous
avec sa Belle !


Ce qu’ils ne savaient pas
c’est que ;
lui papillon de nuit
et Elle papillon de jour
ils ne se retrouveraient pas plus tard.(ndla)

Encore un drame humain !

Suite… D’hier.



Une mienne amie me faisait remarquer
que l’image d’hier ne bougeait pas beaucoup…
Alors voila… Flou, non ?

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