Archive for the 'correspondance' Category

… Mais sont-ce des poupées?

Bien sûr que sa copine lui manquait,
elle qui avait insisté auprès de sa mère pour avoir une poupée noire à Noël, afin que leur dînette de l’après midi soit une réussite;
hélas les voisins durent évacuer à la hâte,
laissant quasiment tout derrière eux,
… Et après le pillage de la maison, par les rebelles (selon certains)
par l’armée (non payée depuis des mois) en réalité
un trésor,
elle avait trouvé un trésor,
ce couvercle,
que dis-je ce plateau!…
Qui serait du plus bel effet sur la table.
Peut être qu’Anne reviendrait,
de son pays,
quand les grands n’auraient plus rien à piller…
Et qu’elle pourrait l’inviter dans « sa maison de poupée » à présent.

(pointe sèche et roulette, épreuve d’artiste 1/1)

à même ta peau

Mes pas dans les tiens,
tu es loin devant
petits grains de sable et goëmons
Coquillages et galets en grains de beauté
ballade sur la peau de ton dos
tu dors encore
flux et reflux des vagues
petit déjeuner qui se prépare
carte du tendre
bouquet de lys,
jus d’orange (Ô des espoirs),
marmelades et pain grillé,
croissants aussi
la plage était belle ce matin en allant les chercher.
Le café embaumant la chambre
réveil à son odeur,
te regarde.
Voyant l’heure, tu boudes pour la forme,
j’ai envie de retourner sur la plage de ton dos,
à la naissance du varech de tes cheveux.

C’est alors que je vis ce poisson mort, à trente centimètres de mes yeux,
l’eau avait envahi la tente,
marée plus haute que prévu!

Fin du monde.


Un bout de corde, une grande feuille d’aluminium et une mappemonde gonflable dans le bain remplacèrent les canards et les sels de bain.
Pour avoir une vision d’apocalypse macrocosmique il suffisait d’agiter l’eau pour maintenir le chaos nécessaire…

Pépita!?… Nicolas sonne!… (*)

… Pas d’pot! plus de pépettes et donc pas d’papayes à Papeete.

(*) Pepipi-Pepito!!! c’est le refrain, juste pour que L° l’ait toute la journée en tête!

L’inconnue de la Seine.


Son visage me disait quelque chose,
je travaillais avec elle depuis déjà deux ou trois ans
et je ne sais où je l’avais vue.
Ce n’est que lorsque nous travaillâmes dans la baignoire, deux heures durant, et que
j’eus engrangé en super huit accéléré des images pour quinze ans…
(La preuve! ces images datent de ’90) que la réponse vint.
Le travail fini, dans la cuisine, elle se chauffait les pieds près du four,
frigorifiée dans ce peignoir trop large sur ses épaules
un pauvre petit sourire apparu sur son visage,
fatiguée de cette trop longue immersion,
néanmoins contente de ce qu’elle avait donné,
plongée dans son bol de thé,
silencieuse,
l’évidence que c’était ma « noyée de la Senne »
était claire!
pas si inconnu pourtant, ce sourire, en avait étourdi plus d’un.
Je l’ai embrassée dans le cou et ne lui ai rien dit.
« Il a le sentiment qu’il le regrette encore » aurait dit Georges…

« Quand je résidais à Eze, dans la petite chambre (agrandie par une double perspective, l’une ouverte jusqu’à la Corse, l’autre par-delà le Cap Ferrat) où je demeurais le plus souvent, il y avait (elle y est encore), pendu au mur l’effigie de celle qu’on a nommée « l’inconnue de la Seine » une adolescente aux yeux clos, mais vivante par un sourire si délié, si fortuné (voilé pourtant), qu’on eût pu croire qu’elle s’était noyée dans un instant d’un extrême bonheur. Si éloignée de ses œuvres, elle avait séduit Giacometti au point qu’il recherchait une jeune femme qui aurait bien voulu tenter à nouveau l’épreuve de cette félicité de la mort. »
Maurice Blanchot, Une voix venue d’ailleurs.

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