Archive for the 'collage' Category

老子说,要《得道》!

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Après le diagnostic
tu n’as qu’une seule envie…
Te bourrer la gueule ce soir.
Vu ce que la petite doctoresse vient de t’apprendre
le plus simplement du monde
C’est un peu comme dans « Tintin et le lotus bleu »
souviens-toi,
la fameuse citation de Lao Tseu :
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Après,
c’est l’idée qu’on s’en fait.
Que peut-elle savoir du « Chien andalou » la petite ?
Toi, tu n’as qu’une scène en tête
récurrente…
Ce n’est pas celle avec l’âne dans le piano,
crois-moi.
La seule qu’on retient, c’est l’autre.

Juste après,
c’est une petite gêne
avec des animalcules
qui se baladent dans l’espace
mais tu sais pas où…
Des endroits et des frontières invisibles
Pire que mieux,
Très curieux …
Dans l’orbite,
le sourcil,
le front.
Un peu la même sensation que
quand ta mère mouillait son doigt
pour te retirer une tache sur la figure…
Comme après qu’elle t’ait retiré la tache
mais que tu aurais préféré le faire toi-même.
Ce sentiment,
en tout cas.

Voilà
tu reviens de la clinique
et tu as reçu ta première piqûre
dans l’œil.
Avoue !
Pour un visuel !

En un soixantième de seconde, peut-être.

Nan-mais !
Quelle image !
T’as vu ce rabattement de perspective ?
Et la route coupant en oblique.
La flotte à gauche, et la flotte à droite…
Ou peut-être du sable, plutôt.
Le type qui se détache dessus,
semblant plus grand,
aberration d’optique ?
Puis le ciel au loin ;
l’œil ne sait plus par où commencer.
Une composition de peinture classique.
Tu zigzagues de bas en haut
et de haut en bas
allant du bonhomme
se détachant sur fond clair,
un sac à la main
à la barque à gauche
puis au début de la route à droite
suivant la berge
puis tu bifurques pour aller te perdre dans les arbres au loin
sous le ciel.

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Créteil,
1956
Willi Ronis
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(vue chez Michael Haught l’autre jour.)

La force du recadrage.


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Paul Wolff, Germany 1930s
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M’amusant à faire un « rapport » d’image,
je reviens sur ce recadrage d’Arnold Newman,
au temps où faire une image voulait dire quelque chose.
Se libérer de la pesanteur visuelle du piano
afin que la voilure l’emporte.

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Igor Stravinsky par Arnold Newman.

Rapport : petite lucarne et grand écran.

Il y a à dire
et à imaginer
sur ce rapport d’images ;
entre cette femme seule
repassant son linge
regardant la télévision
où un couple chante
apparemment
et ces deux jeunes,
dans le cocon d’une salle de cinéma
regardant une maison,
floutée par la profondeur de champ,
avenir probable de leur histoire.
Par delà ces images
il y a la mémoire visuelle de Nina Leen
qui recadre une fenêtre dans l’image,
Une petite lucarne d’une part
un grand écran d’autre part
les faisant dialoguer
avec les protagonistes
de deux solitudes :
celle de la femme au foyer
et celle de ces deux amoureux transis.

A woman irons while watching T.V., 1952. (Nina Leen)

Teenage couple at the movies, 1944 (Nina Leen)

La pépite du jour.

Ça fait partie de ces petites pépites du net.
Imagine,
tu es à Coober Pedy
tu creuses,
tu creuses,
et tu creuses encore…
Que des cailloux,
de la caillasse,
de la vulgaire caillasse.
Tu fais une pose,
une clope,
de ce tabac brun qui se roule,
tu bois un coup de cette eau tiédasse,
puis tu reprends
sous une chaleur accablante.
L’air immobile au fond de la galerie
assèche les bronches.
Tu creuses toujours
quand soudain,
un éclair nacré,
une opale !
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Ah il a dû en rouler des filtres pour ses tarpés,
le mec,
en évitant soigneusement la dame.
La remettant religieusement dans son larfeuille
pour ne pas l’abîmer et qui sait
la ressortir le soir pour se toucher la nouille
mais je m’égare.
Après quelques recherches pour savoir s’il s’agissait
de la énième photo anonyme
le « unknown snapshot »
comme on dit maintenant…
Et bien pas du tout.

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Il s’agit de
(roulement de tambour)
Jay DeFeo…
Une artiste peintre des années ’50-’60
ayant fréquenté les Ginsberg and co et ayant exposé
avec les plus grands de l’époque
les Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Ellsworth Kelly,
et j’en passe.
Et pour finir,
j’ai retrouvé la piste de l’original,
il n’y en a pas trente-six sur la toile,
de cette image.
elle est de ’59.

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Jay DeFeo 1959.

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