Archive for the 'lambeaux' Category

« Son » Mojave.

incipit
Tu y retrouveras les premiers émois de la découverte de « Paris Texas » de W. Wenders ou de « la prisonnière de désert » de J. Ford ou un parfum de « Zabriskie Point » de M. Antonioni…

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Jerry Frisen 0
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Il se l’est approprié sobrement,
intitulant sa page :
« My Mojave ».
Ben oui ;
c’est péremptoire et ça fait des jaloux.
Deux plaisirs pour le prix d’un,
en somme.
Ça fait un petit temps que je suis le tumblr de Jerry Frissen
dans son exploration du Mojave, rêvant d’un jour le rejoindre pour parcourir son pays d’adoption.
Ce ne sera pas encore cette fois-ci.
Partie remise.
Depuis quatre ans,
environ,
avec la régularité d’un métronome,
chaque jour, tombe, une image de « son » désert…
Comme c’est désert,
il n’y a personne…
Ou si peu…
Même les voitures,
présentes sur les nationales,
semblent désertées de leurs passagers…
Il y a bien une image avec un môme,
un peu boudeur,
avec des lunettes colorées d’un rose-orange vif,
la pose valétudinaire du maître-nageur convalescent reprenant son taf au bord de la piscine, et se disant :
– Mince ! Ça c’est de la plage !
Soit !
Mais à part lui, rien…
.

jerry frisen

.
Un monsieur et son cheval par là.
Sinon, que de la carcasse…
De la carcasse de voiture,
de caravane,
de maison,
d’iguanodons en ciment,
de cactus,
de pompes à essence,
de rêves trop fous…
Un constat d’absence ou d’abandon de l’humain comme après une bombe.
Du minéral, du végétal, de l’aérien, voilà tout.
De plus,
qui dit désert,
dit ligne d’horizon,
horizon d’un océan sec qu’il faut placer au tiers,
au quart,
au quatre-cinquième de l’image.
Profiter du sol ou du ciel ?
Le sujet a beau être simple,
en apparence,
et pourtant.
Pas facile de composer avec tout ce « désert » habité de riens.
Photographier l’instant de toute une journée.
Faire recueil de silence.
Je te laisse découvrir… Je parle trop.

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Jerry Frisen 2p80
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Jerry Frisen 80

(Toutes les images sont de Jerry Frissen ©
J’espère qu’il aura la bonne idée d’en faire un livre, un jour).
Les archives sont .
Bonne découverte.

Une faille était apparue…

volcan 3rHR5vg

L’horizon
du levé au couché
était pur.
On venait de loin
pour y admirer,
depuis la pointe,
les couleurs,
la qualité de l’air,
la puissance des vagues d’un côté,
la danse du blé et des champs de l’autre.
La roche,
friable par endroits,
s’était fendillée sans qu’on y prenne garde.
Un matin,
un pan immense s’était détaché du cap,
se fracassant dans l’océan,
Laissant le spectateur pantois.

Tu nous manques.
.
(Pour Chantal pour qui j’avais écrit déjà
Les tortues, Théodore Monod, Alain Bombard et moi.
).

.
eau pluie vague

Lee, Russell Lee.

Russell Lee est dans la même lignée que des Dorothea Lange ou des Walker Evans…Un faiseur-conteur d’image qui, sous l’impulsion de monsieur Roy E. Stryker, utilisa la photographie pour rendre compte de la crise du monde rural dans le Grand Ouest américain dans le cadre du Farm Security Administration (F.S.A., en ’35 par là).
J’ai été étonné de ne pas trouver grand chose, sur internet, à propos de ce photographe que je connais depuis longtemps.
Chaque image vaudrait un billet tant Russell est à l’écoute de ces gens qu’il prend en image…
Le naturel prend le pas sur des images composées au plus fin.
Pas ou peu de mise en scène,
encore moins d’artificialité,
il est près de son sujet,
il s’intègre à la vie,
au paysage,
fait partie des meubles…
C’est, un peu, le membre de la famille qui a réussi et s’est offert un appareil photographique.
Chaque image vaudrait un billet ;
de la première avec la leçon de lecture des chiffres et des lettres
à la deuxième où cette gamine fait une petite lessive pendant que ses copines jouent à dînette avec de la terre… Jusqu’à la dernière où l’on voit l’oncle Tom tenter de nous rattraper à la course Pluplu et moi… Allez ! Viens, on joue !
(en cliquant sur chaque image tu auras la légende et la date… Décidément, ce blog est bien tenu ! Voir en bas du billet).

Russell Lee - Woman Teaching Children at Home, Transylvania, Louisiana

Russell Lee - Twelve-year-old girl who keeps house in a trailer for her three brothers who are migrant workers, near Harlingen, Texas, 1939

Russell Lee - The Whinery children playing. Pie Town, New Mexico, 1940

Russell Lee - The Caudill family eating dinner in the open the day thew were moving their dugout. Pie Town, New Mexico, 1940

Russell Lee - Spectators at S.W. Sparlin's auction sale, Orth, Minnesota, 1937

Russell Lee - Sharecropper with two grandchildren, Southeast Missouri Farms, 1938

Russell Lee - Schoolchildren, Southeast Missouri Farms, 1938

Russell Lee - Schoolchildren on circular swing, San Augustine, Texas, 1939

Russell Lee - Rustan's daughter reading a Sunday paper, Rustan brothers' farm near Dickens, Iowa, 1936

Russell Lee - Negro family with supplies in wagon ready to leave for the farm, Saturday afternoon, San Augustine, Texas, 1939

Russell Lee - Negroes waiting at streetcar terminal for cars, Oklahoma City, Oklahoma, 1939

Russell Lee - Native Spanish-American dance at fiesta, Taos, New Mexico, 1940

Russell Lee - Mother and child former sharecropper, now FSA clients, Southeast Missouri Farms, 1938

Russell Lee - Migrant keymaker's children with homemade scooters, Jefferson, Texas, 1939

Russell Lee - Louis Stagg who runs the cafe and her mother looking at greeting cards which the salesman has. Pie Town, New Mexico, 1940

Russell Lee - Living room in farm home of John Frost, part owner of 135 acres of semi-marginal land in Tehama County, California, 1940

Russell Lee - Little Negro girls playing, Lafayette, Louisiana, 1938

Russell Lee - Little girls playing jacks at the Casa Grande Valley Farms, Pinal County, Arizona, 1940

Russell Lee - Group of people watching magician, state fair, Donaldsonville, Louisiana, 1938

Russell Lee - Girls at 4-H Club fair, Cimarron, Kansas, 1939

Russell Lee - Front porch of tenant farmer's house near Warner, Oklahoma, 1939

Russell Lee - Farm mother with children in town during the National Rice Festival, Crowley, Louisiana, 1938

Russell Lee - Farmer in town, Saturday afternoon, Steele, Missouri, 1938

Russell Lee - Eating dinner at the all day community sing, Pie Town, New Mexico, 1940

Russell Lee - Child of agricultural day laborer coming out of tent near Spiro. Sequoyah County, Oklahoma, 1939

Russell Lee - Boys' sack race, Labor Day celebration, Ridgway, Colorado, 1940

ps : en parlant de ça, il faut lire aussi l’article de « rue89″… « D’Instagram au musée, la photo n’a pas changé » sur les photos à partir de mobiles… Mais c’est une autre histoire.
(Comme me le faisait remarquer une amie… Les commentaires valent leur pesant de cacahuètes).
;o)))
D’autres photos de Lee Russell chez l’excellent Shorpy

… Et pour ton nouvel an, j’hésite encore.

manu duf

Moi, Charlie, je me souviens qu’il avait publié à ses débuts le premier Alack Sinner de Munoz et Sampayo au moment où Harakiri disparaissait.

feu


Je ne vais pas revenir sur la terrible actualité de ce mois-ci…
K.o. debout, hébété…
D’abord,
loin d’ici,
j’étais à Honoluluc lorsque ça s’est passé,
loin de tout,
des bribes glanées de droite, de gauche…
Une wifi qui te faisait revenir à l’ancien temps de la radio…
Puis le retour en Europe,
les hommages,
la(les) manifestation(s),
le nombre,
les récupérations en tous genres…
Ces dirigeants avec leurs nez de clown,
ce sombre petit crétin qui se hisse au premier rang,
les discours qui se succèdent :
celui de Taubira aux obsèques Tignous… Brillante !
Elle qui pourtant avait eu droit à une caricature,
pas par la même équipe,
il est vrai,
mais elle devait y penser…
Simple et magnifique d’intelligence,
d’humanité,
de simplicité…
Je la verrais bien comme chef d’état,
Elle avec un grand « E ».
Et puis la femme du même Tignous, simple, humaine
Le dessin de presse était donc si dangereux ?…
Oui môssieur !
On l’avait oublié.
En d’autres temps j’aurais réagi à chaud et commenté…
Là, non…
Juste K.o. debout, hébété…
Et puis tu repenses à Cabu
cet hommage à Trenet qui traîne sur youtube,
quelque part,
tu vois le grand Duduche décrire et chantonner son admiration à l’autre grand Charles…
Et on va te découper ce grand dadais mal poussé, à la kalachnikov… Non, pas lui,
pas lui.
Ça meurt donc comme ça, les gentils ?
Wolinski et cet hommage tout simple de sa fille avec l’image de l’absence à sa table de travail.
Et puis encore, à la périphérie d’autres hommages, François Morel, Luz parlant de ses potes…
Et après… Les « anti », les « pro-pour-mais »… Les « il-n’aurait-pas-fallu-que… » Les toujours résistants, qui continuent de « soulever le voile » (je pense à la petite Sophie Aram à propos d’Abdallah pour « répondre » à une ministre qui ne la garde pas fermée, sa « sainte » colère d’athée issue de l’immigration… Fin de la parenthèse)
Dans un autre registre et un autre sujet,
sur les soixante-dix ans de la Shoa,
Marceline Loridan-Ivens, et sa saine colère rentrée :
-« Qu’est-ce que vous voulez que je vous réponde, quand on entend un mélimélo comme juste avant, où on mêle tout et rien, où on dit tout en ne disant rien, en n’allant jamais au bout des choses… ? »
Marceline je l’aime bien…
Elle est fâchée, très fâchée, quand elle répond.
Patrick Cohen rame (parfois) entre les deux dames à son émission… Mais on l’envie.
Quelle actualité !!!
Et avec tout ça, je ne t’ai pas présenté mes vœux !
Mes vœux à volonté… On est le dernier jour « légal » pour le faire… Il nous reste onze mois pour réparer le gâchis du début :
on va y croire, oui, on va y croire.

Là haut, comme première image je t’ai mis un collage de Manu Duf… En cliquant sur le lien tu tomberas sur d’autres (très) belles choses que ce monsieur fait en découpage-collage.

Et , tu me connais maintenant,
je t’ai gardé le meilleur pour la fin…
Des collages, il y en a aussi chez Thaddée Us (Anne Terrien)
Exposition « Métaphores et autres fables » du 16/01 au 22/02/2015
à La Tannerie,
centre d’art contemporain,
57 rue de Paris
78550 Houdan
thaddée

feu 400


… Et pour ton nouvel an je n’hésite plus…
Bananier ! Nous ferons en sorte que.
Merc(k)i de vos mots, votre présence invisible et virtuelle.
2015 ne peut pas être pire qu’il n’a commencé

Buster keaton billard


ps : La d@me… Ce billet vous est dédié, vu que…

Les feuilles mortes… Ou « Little miss nobody ».

Une fois n’est pas coutume,
aujourd’hui je t’emmène au cinéma,
ou plutôt non devant la petite lucarne…
Pas celle des jeux débiles, des paillettes et du strass
Non, la téloche des documentaires,
Je reviens sur les origines,
ce fameux pays dont on est « né-natif »…
Bref !
J’ai vu ça hier soir…
Little miss nobody
Et ça, ça m’a replongé,
comme par enchantement,
dans un temps lointain et proche à la fois
jamais autant que ce qu’on ne croit.
Il y a cinquante ans quasiment
jours pour jours cette dame
qui avait sept ans à l’époque
vivait les moments les plus horribles de sa vie de gosse.
La rébellion Simba.
Le film la suit, pas à pas, dans ce Kisangani, anciennement Stanleyville, en ce mois de février 2014.
Elle revoit l’endroit où elle a vécu, gamine… Les lieux de l’indicible aussi.
Elle a eu deux ou trois moments,
même plus,
pareils aux miens.
A l’époque, avec mes parents, j’étais à E’ville,
pas encore (re)baptisée Lubumbashi par un type qui s’appelait encore Joseph.
Possible que ce prénom ne lui plaisait pas ?
A l’époque, nous écoutions à la radio,
à l’autre bout du Congo,
au fin fond du Katanga,
les terribles nouvelles venant du Nord.
En 2009, lors de mon retour aux sources, je n’avais pas l’attirail et les saufs-conduit d’une boîte comme la rtbf pour visiter mon pays, ma ville, mais… Ce que c’était bien.
Je revoyais pour la première et dernière fois quelque chose dont j’étais « puni » depuis quarante-deux ans… Un peu comme elle, certains drames en moins et parfois les mêmes blessures.

Le film est ici.
Little miss nobody
Le film peut être critiqué,
« pas assez de ceci, trop de cela, etc. »
on ne refera jamais le passé.
Les faits sont là.

Bientôt l’hiver, il a fallu s’habituer… Aux blancs.

feuilles mortes_400

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