Archive for the 'New York' Category

Sur cette portion de plage de Long Island

Par une brèche pratiquée dans le grillage qui permettait, à l’abri des regards, de quitter ses vêtements de ville pour se mettre en maillot, les filles venaient se changer, après le travail, profitant ainsi des derniers rayons du soleil… A l’abri des indiscrets, croyaient-elles.
Arrivés souvent tôt, lui et ses potes, s’étaient glissés au plus profond de la pénombre, sous le débarcadère, planqués avec une réserve de canettes de Coca et quelques mégots ramassés pour assister au spectacle.
Cependant que sur un lit d’algues trois crabes disputaient à un Bernard l’ermite la carcasse d’un poisson échoué, ils fumaient en lousdé, attendant l’heure.
Les mômes
planqués
yeux écarquillés
n’en perdaient pas une miette.


Ernst Haas

Jusqu’au jour où,
mise dans la confidence,
la petite sœur de l’un d’entre eux,
la folle,
raconta tout à sa cousine… Le savon !

Dans le fond…

Ils s’en fichaient
mais à moitié…
Ils n’étaient pas allés voter
comme des cons
préférant passer la journée au pieu
puis
regardant les actualités
avaient contemplé la défaite
du mormon face au démocrate.
Lui
sûr de ses atouts
prônait le retour à une rigueur
elle
elle savait qu’ils ne vieilliraient pas ensemble.

Une affaire je te dis !

La foule des soldes s’affairait en tout sens
se pressait
pareille à une colonie d’insectes sociaux .
En un ballet étrange
sacs et paquets,
cannes et parapluies,
scandaient les pas mécaniques
de ces cigales dépensières.
Plus sûrement que le gouvernail d’un dériveur,
la main dure et sèche lui tordait le poignet
le dirigeant à travers rues,
voitures à l’arrêt,
passages cloutés et trottoirs,
godillant entre les passants.
On arriva enfin
les portes tambours les régurgitèrent dans le « Grand Magasin »
face aux escalators
troisième étage
rayon enfant 8-12 ans
elle lui lâcha enfin la main…
Tout à son bonheur de retrouver l’usage de ses os,
ses métacarpiens (mot qu’il venait d’apprendre)
il ne prit garde au vilain manteau brun-vert
(une affaire !)
qu’elle lui prit ;
était-il une patate pour un sac pareil ?
Plus tard
il lui en voudrait encore.
C’est pourquoi,
lorsqu’il fut (un temps) clodo à New York,
il opta résolument pour la C O U L E U R !

Les vertiges du (petit) jour ou la drôle de mégapole.



Au milieu du tintamarre des cigales
chardons et liserons se disputent
pour y faire des manières de jardins suspendus
laissant place à de vastes espaces aérés
entre buildings hélicoïdaux et
voies de communications vétustes.
Pendant que
deux ou trois punaises gendarmes
surveillent
les fourmis
elles
sont au turbin
déjà.
Dans cette drôle de Babylone
aux nombreux points d’accroches
quelques araignées
trop contentes d’ajouter leur grain de sel
s’affairent à l’édifice rouillé
de la précaire structure
comme pour retisser
ces entrelacs de liens
qui leur avaient manqué
à l’époque.
Ponts de cordes
et bouts de ficelles
interposés au hasard des nœuds
entre les fibres du bois
et l’oxyde du métal
attestent d’une vie
ici
il y a quelques années de cela.

De matelas
il n’y en a plus
depuis longtemps.
Reste ce sommier 3/4
vestige de ces amours
où ils la conçurent.

Phrases muettes
maudits mots rengorgés
avec l’anathème pour thème
– Anna t’aime ?
T’aime plus !
Gnagnagna !
Dans le résumé
ainsi dit
post-mortem
c’en était ridicule.

Dix heures,
le soleil consent à passer par dessus la colline
écrasant tout contraste sur la frêle cité.
Il ne tardera pas à faire chaud.

Wispra range le reflex dans sa housse
et continue son périple
à travers ce champ de ruines
qu’est devenue la propriété parentale.






Ici, on fait tout à la main, monsieur.



Le contrat serait simple,
comme d’habitude,
secouer,
un peu,
le mauvais payeur…
Lui faire cracher ses biffetons et se casser en douce,
ni vu, ni connu.
En attendant son contact
il avait commandé son bacon and eggs,
en noir et blanc…
comme si le temps était resté suspendu.
.

.
La mère de Wispra se disait que sa fille devrait,
un jour,
faire un reportage sur ce curieux bonhomme
d’un autre temps,
d’une autre époque.
La sienne, quoi !


Ah, Robert !
Ce qu’il était beau.
Elle gardait ce petit secret,
tout au fond…
Tout au fond.


Chers lecteurs du blog à Luc, pardon pour ce long silence… Dans les jours à venir vous aurez toutes les explications… Que d’aventures ! Que d’équipées !… Je, je… Non, rien, plus tard.

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