Archive for the 'E’ville fragments' Category

Ilunga (Jean Stéphane du Katanga.)


N’étant plus très sûr de ma plume je me lançai dans l’étude de la tête d’Ilunga (du Katanga) en pensant aux « quatre têtes de nègres » de Rubens.
Peut être faudrait-il dire, à présent « quatre (études de) portraits de minorités visibles »?
Toujours est-il qu’Ilunga n’avait pas son pareil pour tendre des collets dans la brousse et pour grimper aux manguiers, j’ai beaucoup appris avec lui.
« Tête de turc » de l’instit., il attendait stoïquement la récré pour nous épater.
L’était très bien ce môme, gavroche des matitis*,
avec le recul, je pense que l’instituteur l’aimait bien aussi.
*matitis: hautes herbes en Swahili
dessin plume, pinceau et au brou de noix.
« quatre têtes de nègres »

Avion, pantoufle, stylo.



Lui : Je vais vous dire trois mots madame, je vous les redemanderai après.
Alors : pantoufle, avion, stylo. Voulez vous bien les répéter ?
Elle : oui
Lui : alors pantoufle…
Elle : pantoufle…
Lui : pantoufle, avion, stylo.
Elle : pantoufl’avion-stylo !
Lui : vous retenez bien ces trois mots, je vous les redemanderai tout à l’heure. Alors, pouvez vous me dire combien font cent moins sept ?
Elle : …cent moins sept, cent moins sept
Lui : cent moins sept…
Elle : cent moins sept, nonante-trois ?!…
Lui : bieeen ! nonante-trois, maintenant nonante-trois moins sept ?
Elle : nonante-trois moins sept…seize ?
Lui : bien, c’est très bien, c’est pas grave, c’est quatre-vingt-six mais ce n’est pas grave… pouvez vous me dire les trois mots de tout à l’heure ?
Elle : … les trois mots ?

Elle ne comprend rien à ce que ce monsieur lui dit.
Lui : pantoufle…
Elle : pantoufle ! ha ?
Lui : oui… pantoufle, avion…

Cette litho de Somville (mon peintre abhorré) la toise depuis le mur, et je me plais à penser que dans cette immense détresse de la mémoire,
ma mère ressemble à Garbo,
retirée du monde,
mais en couleur.

(article paru précédemment en première chez madame de K dans « fast-portrait »)
« clicfast-portrait »

Les-carnests-plans (sic).

les-carnest-plan

Par une ruse à ma façon (expression chère à Brassens)
j’inventai et mis au point un mobile qui, à l’aide du vent, pouvait écrire et dessiner, sur une feuille glissée au bas de sa frêle structure…
Entre ciel et terre je recueillais ainsi de précieuses images des nuages.
Les résultats ne se firent pas attendre et bientôt j’exposais les dessins dans une galerie bien connue de la capitale.

La colle du samedi.

écriture
Pauline s’évertuait pourtant à ne pas dépasser les limites de son patchwork,
lorsque monsieur Blaise, l’instituteur, la colla le samedi matin.
S’appliquant à poser ses lettres dans les carreaux, elle recopia cent cinquante fois; « je ne dois pas dessiner pendant le cours d’instruction civique et religieuse. »
Le dimanche Pauline fut bien embêtée de ne pas aller au cinéma voir « zéro de conduite »,
doublement punie par ses parents qui avaient raté « à cause d’elle » cette journée avec les Dumortier sur le lac.
Ah! Pauline!

zéro-de-conduite

clic « zéro de conduite », la séquence complète.

Vive le vent!

‘mobile’’
‘mobile’’
mobile’
mobile
mobile’
d’une hauteur de plus ou moins 2 à 3 mètres,
… d’une envergure de 4 à 5 mètres
mobiles installés dans un jardin en Bourgogne.
Le plus grand bonheur était ce bruit des grandes toiles claquant au vent (peu se sont envolés) tandis que d’autres se balançaient furieusement autour de leur axe.
Vive le vent!
… et il y en eut! d’autres bonnes choses aussi.

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