On peut rêver.


Visiblement Evelyne était fachée:
le pourquoi du comment, je ne sais pas.
A présent que j’avais une voiture
je pourrais même aller à Paris!…
Si j’voulais.

4, rue cerckel (suite).


Rebaptisée pompeusement « avenue du musée »,
ils n’ont pas du chercher bien loin,
vu qu’il est dans la rue, en face de la maison.
Avant d’entrer, je ne peux m’empêcher de repenser à cette photo,
prise peu de mois avant le glas du départ
qui nous emmènera dans un autre coin de l’Afrique,
la fournaise humide (sic) de Douala.

Là, entre la haie et la rue, nous étions ma soeur et moi,
avec ce nounours ramené d’un week end en Rhodésie,
quelques semaines plus tôt
Je ne sais pas encore si je vais pouvoir visiter la maison;
d’abord prendre langue avec les occupants actuels…
Leur expliquer.

Après la sage-femme de ce matin, plus rien ne peut résister…
Je crois en ces chances de dire bonjour à mon manguier.
J’entre.

Bizarrement…


Quand elle dormait « la Valentin » redevenait une petite fille
et paraissait plus jeune que son âge.

Faut-il que je te raconte pourquoi cette femme est belle? (suite de « Le dispensaire d’Elisabethville… »).


… En plus de quarante ans les différents services n’ont pas changés d’endroit…
Nous traversons l’hôpital de part en part, avant d’arriver dans cette coursive à ciel ouvert, qui parcourt les jardins, du linge pend ou est étendu à même le gazon.
Je vole quelques images au passage…
On ne se refait pas…
Mes fantasmes viennent d’ici: j’assume.
Nous arrivons à hauteur de la maternité et nous nous présentons à la sage-femme en chef pour la forme et comme l’exige le protocole pour des visiteurs qui n’ont rien à y faire.
En parlant avec elle, je lui explique que ma soeur et mon frère sont nés ici, il y a kala-kala (longtemps), sur ce, elle me dit qu’en fouillant dans les « archives » on pourrait retrouver leurs traces, je lève les yeux au ciel en moi-même, me disant: « impossible, ma chérie, t’as vu le pays en ruine dans lequel tu vis, les guerres traversées, le chaos et le délire des hommes… Tu rêves! ou tu vas nous faire revenir dans cinq jours, moyennant pourliche… »
Mauvais que j’étais.
Elle nous entraîne, alors, dans son bureau, une petite pièce exiguë avec une méchante petite table et trois chaises tenues à l’oeil par deux armoires en fer…
Elle ouvre l’une d’entre elles et, de l’étage supérieur, retire cinq registres,
style livres de comptes,
j’y crois pas mais commence à vaciller sur mes préjugés,
à croire au miracle.
Je doute encore, pour la forme.
L’ivre de contes, que je suis, va être servi.
Là, en feuilletant, les registres, toutes les naissances sont répertoriées,
depuis fin ’40-début ’50…
Un trésor!
les mains et les doigts arachnides parcourent les dates, les noms, les heures…
Noirs, blancs, métis…
Tous mélangés dans le répertoire de l’arrivée à la Vie.
Quand en ’63 et en ’67, ils sont là,
respectivement deux kilos deux cents pour l’une
et trois kilos quatre cents pour l’autre…
Un mois avant terme pour l’une,
dix jours après terme pour l’autre…
Elle peut être fière, de son petit effet, cette bien nommée « sage-femme ».
Elle vient de me faire vivre ma première grande émotion du voyage,
le lendemain de notre arrivée.
Elle s’esclaffe consciente du bon tour qu’elle m’a joué
Je la serre très fort dans mes bras
cette vaste parcelle d’humanité…
* * *
L’histoire en images.









Continue d’accoucher des vies
et de donner des émotions
telles que celles là
chère Mama-accoucheuse.
Je thème sur ton histoire.

Je ne sais pas…



Si tout le monde a vraiment été (très)sage?

« Page précédentePage suivante »