Archive for août, 2010

Le souvenir de ses « asperges à la flamande » me revient en mémoire.


. . .
Aussi étrange que cela puisse paraître,
nous qui avions deux yeux,
nous qui étions dans le binoculaire,
nous qui parlions encore de nous…
S’entendre dire que la chaise n’était pas à la bonne distance du modèle,
ou que la verticale du cou…
Ou que « l’ombre portée enfin-quoi ! » n’était pas à sa place…
Il nous venait comme réflexion que c’était le bon oeil qui lui restait.
Deux ou trois mots pour chacun…
Mais quels mots !
pas bavard « le » Stan.
Autour du modèle… Darib, Andrée et les autres… On atteignait le monacal dans ce silence de graphite.
De son oeil il voyait la profondeur dans notre dessin…
Et en nous.
Adorable Stan ! premier mécène de ses anciens étudiants, il déboulait le premier au vernissage marmonnant un bonjour à peine audible et filait avec Renilde (sa Rididine à lui) voir les tableaux, les dessins, les sculptures, les photos, peu importe… Puis revenait un peu inquiet (pour la forme) demandant si le 37 était déjà vendu auquel cas il en avait vu un autre qui, que… Mais bon !
non le 37 n’était pas encore vendu…
Le 37 c’était pour lui.
Premier acheteur il faisait décoller les ventes avec « son » premier point rouge.
S’attardait rarement,
content de « leur » achat, à Renilde et à lui, il repartait en disant…
-Tu nous l’apporteras, dis ? on se fera un petit casse-croûte à la maison…
Tu n’as rien contre les asperges ?
… Contrairement à Manet, il n’en manquait pas une.
Homme entier, sans détours, avec son franc-parler il m’avait confié un jour avoir accueilli la pension avec soulagement parce qu’il ne se sentait plus aussi « hargneux » qu’avant…
Et il en faut de la hargne dans ce métier de passeur…
Le « pas baisser le pavillon enfin quoi ! ».
Monsieur Hensen vous étiez un grand bonhomme…
Merci de votre trace.
. . .

Les questions du taureau.


Comment était-il arrivé là ?…
Il n’en savait plus rien,
toujours est-il que…
« com de Dégagnac »
ça ne lui disait absolument plus rien.
Sa mémoire…
Toujours sa mémoire !

And naouw, ladiz and dgenn’tleumène…



Rien de moins qu’une préface de ce bon vieux Pierre D.

La victoire.




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La victoire était totale…
Nous nous étions rendus maîtres de l’île sans coups férir
restait à explorer (Rididine et moi) afin de voir si une quelconque tribu y vivait…
Nous avions prévu des verroteries (un kinder pas complet, un collier de bonbons et une boucle d’oreille orpheline)… Avec un peu de chance nous pourrions signer sur notre parchemin secret un pacte de non-agression et utiliser leurs embarcations pour rentrer goûter.

Des GraNdEs TarTes nOires !


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Il était une fois un rideau
un rideau qui mangeait les petits enfants
les petits enfants qui montaient au grenier pour aller y dormir…
Le rideau planquait au premier cachant des balais et…
Des GraNdEs TarTes nOires !
Jouxtant la porte à angle droit des locataires de l’étage…
(Elle ne les avait jamais vu,
des étrangers parlant une langue bizarre,
pas comme là bas,
en Afrique).
Elle montait donc.
Le premier palier se faisait sans encombres
puis une angoisse profonde s’emparait d’elle
la peur au ventre
la vue du tissu immobile à la deuxième volée…
Trop immobile derrière son motif délavé
cachant ses armées assassines
cachant ses hordes Sarrasines
(elle venait de l’apprendre à l’école)
Elle gravissait les marches avec précaution
sans bruit, veillant à ne pas marcher au milieu des lattes
peu avant l’antépénultième marche
elle se rapprochait
ou plutôt se raccrochait à la rampe
prête à battre en retraite au moindre mouvement suspect de la force obscure
la surveillant de ses petits yeux malins et invisibles
toujours au plus près du garde-fou
elle amorçait à toute berzingue le tournant de ce maudit escalier,
alors au plus près du mal
et grimpait,
quatre à quatre,
la troisième volée
ne regardant pas en arrière,
surtout pas !
dos au danger
peut être à ses trousses
mais non !…
Elle arrivait au grenier
hors d’haleine
claquait la porte
(se ferait encore engueuler)
et s’enfouissait,
coeur battant à tout rompre,
dans les draps froids
sentant le renfermé de la mansarde,
l’humidité des poutres,
la poussière des momies, reliefs d’arachnides repus,
inquiétant capharnaüm de souvenirs moisis.
Un jour,
elle en était sûre,
une main invisible avait tenté de la retenir
elle s’était dégagée de toute son âme…
Avait fuit
des grands frissons dans le dos.
Et depuis… Dieu ! qu’elle détestait ces week ends
scandant le pensionnat toutes les deux semaines.
Demain il faudrait redescendre
et sa grand mère lui demanderait d’aller chercher de la confiture à la cave
là aussi il y avait une lourde tenture.
Et maintenant celle-ci se soulevait…
Se levait…
Le public aussi,
son public,
l’applaudissait…
Les larmes aux yeux
elle les voyait enfin ses fantômes.
Exorcisme de sa peur d’enfant qu’elle l’avait encore…
Mais pas pareil,
la Scala ! imagine !
la GraNdE TarTe nOire !
.
(Pour Dom qui en sait un morceau sur ces peurs et pour AdS qui dit que… Non rien.)

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