Archive for the 'E’ville fragments' Category

Retour aux essentiels…

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Retour aux essentiels…
Retour à ses à peu près fluctuants,
un peu à la manière d’un sténopé,
à peine plus perfectionné,
l’immédiateté du développement fait penser au numérique, quelque part…
C’est bien là le seul point commun dans l’attirail de l’analogique.
Le télémètre à régler,
ouverture et vitesse choisies,
retirer le capuchon de l’objectif,
le rideau métallique de la chambre,
re-vérifier le cadrage,
appuyer.
Après le déclenchement
tirer la languette
tirer la photo.
l’attente et le chronométrage font partie du jeu,
selon la température ambiante
à vingt degrés, cent-vingt secondes
à quinze, cent-quatre-vingt
Je ne sais si tu as déjà éprouvé ce plaisir ?
Le suspense, l’attente de l’imago.
Sitôt l’image décollée de son négatif,
se dépêcher,
quelques secondes pour photographier le mirage de l’image à l’aide d’un petit numérique,
préserver une trace intermédiaire de l’instantané encore humide,
ensuite retourner ce même négatif dans le carnet
appuyer en douceur, partout
pour reproduire le monotype puis,
et enfin,
jouir de la photo originale.
Quoique l’unicité de l’image soit le point fort de cette merveilleuse discipline.
elle s’apparente au plaisir du huit millimètres ou du super-huit,
de par le grain de la matière,
les éclats lumineux qu’il rend,
les couleurs contrastées,
denses et riches qu’il met en évidence,
et de par l’attente, moins longue, il est vrai.

Vous l’avez compris,
il y a peu,
je me suis offert un merveilleux appareil Polaroïd.

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Correspondance du matin.

La pluie s’est enfin arrêtée.
Profitons-en pour
faire sécher les fantômes de la nuit.
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Les feuilles mortes… Ou « Little miss nobody ».

Une fois n’est pas coutume,
aujourd’hui je t’emmène au cinéma,
ou plutôt non devant la petite lucarne…
Pas celle des jeux débiles, des paillettes et du strass
Non, la téloche des documentaires,
Je reviens sur les origines,
ce fameux pays dont on est « né-natif »…
Bref !
J’ai vu ça hier soir…
Little miss nobody
Et ça, ça m’a replongé,
comme par enchantement,
dans un temps lointain et proche à la fois
jamais autant que ce qu’on ne croit.
Il y a cinquante ans quasiment
jours pour jours cette dame
qui avait sept ans à l’époque
vivait les moments les plus horribles de sa vie de gosse.
La rébellion Simba.
Le film la suit, pas à pas, dans ce Kisangani, anciennement Stanleyville, en ce mois de février 2014.
Elle revoit l’endroit où elle a vécu, gamine… Les lieux de l’indicible aussi.
Elle a eu deux ou trois moments,
même plus,
pareils aux miens.
A l’époque, avec mes parents, j’étais à E’ville,
pas encore (re)baptisée Lubumbashi par un type qui s’appelait encore Joseph.
Possible que ce prénom ne lui plaisait pas ?
A l’époque, nous écoutions à la radio,
à l’autre bout du Congo,
au fin fond du Katanga,
les terribles nouvelles venant du Nord.
En 2009, lors de mon retour aux sources, je n’avais pas l’attirail et les saufs-conduit d’une boîte comme la rtbf pour visiter mon pays, ma ville, mais… Ce que c’était bien.
Je revoyais pour la première et dernière fois quelque chose dont j’étais « puni » depuis quarante-deux ans… Un peu comme elle, certains drames en moins et parfois les mêmes blessures.

Le film est ici.
Little miss nobody
Le film peut être critiqué,
« pas assez de ceci, trop de cela, etc. »
on ne refera jamais le passé.
Les faits sont là.

Bientôt l’hiver, il a fallu s’habituer… Aux blancs.

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En ce moment, tu vois, je n’ai pas beaucoup de temps.
Mais je te souhaite une bonne année… Voeux à volonté quoi !
Vous aurez bientôt une chronique de ce petit périple haut en couleurs… Promis.
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….

E’ville-Lubudi…

En 2009 j’étais passé par une partie de cette route (entre Lubumbashi et Likasi où nous avions bifurqué vers l’Est, en direction de Lukafu)… Route qui n’a pas changé d’un iota depuis lors.
Cinquante ans plus tôt, mon père (d)écrit dans un cahier de brouillon,
parmi diverses préparations de cours d’anglais,
ce (trop rare) petit mot plus personnel
qui n’a rien à voir,
au niveau du style,
avec (l’abondante) correspondance échangée entre lui et la famille en Belgique.
Si j’en crois les dates, nous sommes entre le 21 et le 24/04/1962, durant le congé de Pâques.
Pour une fois je lis dans un style moins épistolaire le regard de quelqu’un sur le pays d’adoption.
Les gens de cette génération ne se confiaient pas beaucoup…
Aucune ambition rédactionnelle de parution dans ces trois pages,
juste un événement marquant dans cette petite « expédition » de quatre jours pour rendre visite à la belle-sœur et son mari fraîchement installés à Lubudi.
Le côté sympathique aussi est,
qu’à aucun moment,
le propos n’est paternaliste ou raciste.
Tout au plus Population sympathisante et sympathique pour les coupeurs de cheveux en quatre.
Mais c’est vraiment chercher la petite bête.
Plus tard, je ferais souvent ce trajet pour les congés scolaires,
comme si la brousse et la savane avaient un autre parfum d’exotisme 320 km plus loin.
Allez ! Zou !… Aventure ! T’es en ’62.
ça commence au deuxième paragraphe.

Départ à 12h15 pour couvrir les 320 kms dont 170 d’asphalte jusqu’à Nguba. A partir de là, c’est la vieille route Katangaise avec ses aléas. Population sympathisante et sympathique.
Épreuve assez dure pour l’Ondine : à 50 km/h de moyenne, nous sommes tellement secoué que Luc remet tripes et boyaux
sur les 70 km de la fin.
Caractéristiques générales du paysage . Savane aux arbres de taille moyenne.
La route suit de longs mamelons bien boisés pour descendre de temps en tempsdans un fond marécageux. Au loin profil constant de massifs élevés qui seront abordés après Makabe Kazani…

Dis… Tu ne crois tout de même pas que je vais tout recopier ?
« CLIC » et « re-CLIC » sur les images et, par miracle,
elles s’agrandiront,
et tu pourras lire la suite.

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E'ville-Lubudi
Je t’ai fait un petit plan du trajet, cool, non ?

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