Mista Frunche (prononcer froun’tché). (I).

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Il ne parlait pas un mot de Français sauf quand il se fâchait…
C’est là que les gamins comprenaient l’étendue de sa colère…
Et du chemin à parcourir vers la langue de Shakespeare…
Des bornes à ne pas franchir… Des limites.
Sabir de français et de pidgin ordinaire
se mêlaient, alors, pour former une gangue de mots et de sons incompréhensibles
relevant de la pierre de Rosette ;
il était fort colère.
Pourtant, avec lui, chaque cours commençait en chanson.
Scandées par cinquante paires de poumons
debout-fixes à côté du banc
en canon sur les trois ou quatre rangées que comptait la classe.
ça faisait bizarre pour les Fentreny, Dubourdieu et autres Dupond(t),
disséminés à deux ou trois dans ces classes surchauffées
aux senteurs de poissons fumés,
de chanter dans un yaourt approximatif :
This is the name of my native land
I spell it out of eight letters
C stand for Cam, A stand for and, M stand for meat, E stand for E, R stand for romance, O stand for over (bis), N stand for night…
C-A-M-E-R-O-O-N
Cam-and-meet-Romance-over-night (bis)
Puis il reprennait en fond, seul :
a band of angels coming over me
Sim ! sim ! and carry me home
And I look about the jordan
what could I see
Sim ! sim ! to carry me home…
Shoo shoo baby baby…
Puis se mettait à danser sur l’estrade
…
(à suivre ).





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