Les clameurs s’étaient tues.

Pareille à un tambour
mandala immobile
elle résonnait
au son de la pluie ;
la flaque
goutte
après
goutte
prenait
de
l’ampleur
et
diluait
la
craie
bleue
du
ciel
les
rouges
incarnats
le
jaune
safran
le
vert-wagon
et
pareil
au
lin
le
mauve.
Lundi, la marelle serait à refaire sur son palimpseste dilué.
.

.
un,
deux,
trois…
Quatre-cinq,
six…

« Jacuzzi » (Mimile Zoli).


(glâné chez Myriam El T. qui m’a fait connaître cette image:o).

Je ne sais pas ce qui lui a pris ce matin,
Elle a étrenné le jacuzzi au lever
il est vrai que ce thé était délicieux.

Vite.

Il fredonnait tout bas
Sûr faut que je chante
Mon aubade à Lydie
Ô ma Lydie tu hantes
Mes rudes rêves au lit

les pensées vagabondes
à l’inverse de sa scie
méditait sur le naufrage
qu’avait été la journée…
Son boudin de conscience,
le vol de la petite statuette en ivoire.
.

.
Fuyait.

La météorite dite de Kruypper .

.

.
Vous êtes, en ce moment même, à l’endroit précis où la météorite dite de Kruypper a percuté le sol dans nuit du 18 mars 1587. L’objet céleste n’a laissé aucune trace d’impact. Et les témoignages d’époque qui relatent l’événement se sont révélés être, tous, des textes apocryphes. Moi-même, je ne me souviens plus très précisément pourquoi je vous ai amenés ici. Je dois être le guide d’un groupe de touristes, c’est cela ? Quelqu’un pourrait-il me prêter un téléphone ? Je vais faire le numéro qui est écrit, là, en gros, sur le car. Mais où êtes-vous, soudain ? S’il s’agit de jouer à cache-cache dans les rochers, je vous préviens, je suis imbattable. Sauf que, pieds nus, je risque de me faire de très douloureuses entailles. Qu’à cela ne tienne, je vais demander à ce flamant rose de me prêter ses tongs.
.
AppAS

.

L’ennui.


Le dimanche après-midi tu t’y ennuies…
Douala n’a de doré que ses staphylocoques.
La ville suinte de toute son humidité
dès la descente d’avion…
Mais je te l’ai déjà dit…
Un moisi de vieille tartine oubliée au fond du cartable.
Alors tu prends la voiture et tu vas jusqu’à l’aéroport…
Voir les avions.
Comme Bécaud
Mais ce n’est pas Orly.
Tu longes la piste,
arrive sur un petit chemin de terre battue et
cahote jusqu’au cimetière près du « bois des singes »…
Là tu arrêtes le moteur…
Bien rangé
à dix mètre d’une autre famille de blancs
qui picnique là aussi.
Petit salut de loin,
(précaution d’usage)
Et tu attends…
Tu attends RIEN
Plus tard tu sauras que c’était Godot
mais en attendant tu t’emmerde…
Ferme.
L’ennui profond;
le « qu’est ce que j’veux faire, ch’ais pas quoi faire »
qui te parleras si bien plus tard…
Mais il est Godot pour connaître Godard.
Il y a les tombes évidemment
ça ! des tombes il y en a…
Et puis le monument érigé:
« à-la-mémoire-des-victimes-de-la-catastrophe-aérienne-des-années-’70 »
Ou un truc du genre.
Une aile en béton…
Original !
Triangle alone au milieu des croix du jardin des morts…
Et tout au bout,
t’as la piste;
le 15h45 dans un grondement assourdissant
une orgie de son
un fracas de décibels…
Qui prend son envol.
.
Dis p’pa ?
C’est quand qu’on va où ?
T’as fini ton livre ?
Moi oui.
.

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