Incipit mais non sans saveur…

…
L’ambiance retombait un peu et les conversations se délitaient sur les sujets les plus divers
C’est alors qu’on en vint à parler des documentaires animaliers, comme seuls les Anglais peuvent en faire… Capables, qu’ils sont les bougres, de suivre une familles de souris dans les combles d’une maison lambda appartenant à un petit ménage de la middle-class du Yorkshire…
Madame O’Lambda fait la vaisselle, le repassage et le ménage,
pendant que monsieur lit « Time » en fumant un cigare et sirotant un « ouiseky » au salon
et les enfants jouent dans leurs chambres cependant qu’une petite famille,
monsieur et madame souris,
eux,
s’occupent d’approvisionner leur progéniture,
une portée « so cute » de petits souriceaux tous plus mimis les uns que les autres…
Surtout le petit gris foncé à gauche, you know.
(Rien que du normal dirait mon ami Pluplu qui peut se montrer goujat lorsqu’il s’agit des vraies valeurs de la famille…)
On est capturé, pris au filet, pas question de zapper et on ne répond plus au téléphone…
Cette famille souris, les Cheese qui squatte chez les O’Lambda,
EST EXTRAORDINAIRE !…
Point barre.
On aurait voulu naître souris !
Les Anglais peuvent faire pareil avec une famille de mulots, le célibat du ver solitaire ou un groupe de hyènes, de lycaons ou de castors…
Vous l’aurez deviné, ami lecteur…
(Je peux vous appeler comme ça maintenant que nous avons pris langue l’autre fois…)
Vous l’aurez deviné, disai-je, j’adore ce genre de documentaire et tire mon chapeau à la perfide Albion pour cette peinture des vraies valeurs… Pluplu, tu vas encore dire une bêtise !
Or donc, j’en avais une dans ma besace… Pas une peinture, une histoire animalière, vue dans un documentaire sur…
Mais il est trop tôt pour vendre la mèche.
Pour peu que j’arrivasse à restituer la trame et le suspense de la situation qui allait faire se tordre de rire l’assemblée cela me vaudrait une tournée de cet excellent Oban dont je lorgnais le niveau de plus en plus (dangereusement) bas…
Je ne pouvais me résoudre à passer au Johnnie Walker ni même à l’Ainslies…
Quelle horreur !
Ce fond d’Oban, il me le fallait !…
à moins qu’on n’apportasse sur le champs un Lagavuline
ou la petite soeur de la dite boutanche
(oui, à cette heure-ci je dis « boutanche »…
Gna kékun kgne ça déhanche ?)
Je ne me voyais pas terminer autrement que propriétaire
de la dernière lampée de ce divin breuvage tourbé.
Voici donc une histoire racontée
il y a de cela très longtemps
au cours de cette soirée arrosée plus que de raison,
hélas,
à une assemblée hilare et un peu conquise à l’avance
vu le taux d’alcoolémie général…
Ma mission ?
Raconter l’histoire…
Eviter le bide !
L’Oban m’attendait !
…
Mais je vois l’heure qui passe
et on sonne à la porte…
Je dois aller ouvrir…
Sans doute Rididine qui revient des courses au supermarché du coin…
Bougez pas j’arrive !
…
Voila que ça sonne une deuxième fois
Serait-ce le facteur, alors ?
…
(On est dans l’incipit ou on ne l’est pas !)
.
(à suivre).
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