Archive for the 'rapport au sol' Category

Le monsieur et son curieux appareil.

Petit à petit,
dans sa famille d’adoption,
de substitution,
si vous préférez,
il était parvenu à se (re)faire
discrètement
un album souvenir
grandeur nature
de son autre famille,
la vraie !
Du moins de ce dont il se souvenait ;
celle où son grand-père avait une place de choix,
souvent il allait à la pêche avec lui
grand-père lui racontait des histoires à dormir debout
mais il adorait y croire tant c’était merveilleux et terrible à la fois.
Et puis, il y avait sa mère
veillant sur sa petite sœur qui venait de naître
après le départ du paternel
et sa grande demi-sœur
qui venait à la maison aux fêtes et aux grandes vacances
et qui était aussi belle que sur la photo
elle apportait des chocolats de la ville,
de Los Angeles où elle travaillait dans un bar,
quelle chance ils avaient, les clients !
C’est vrai qu’elle ressemblait à un ange.
Puis, il y avait Youlou,
son chien
(qu’il adorait plus que tout)
et qui n’avait pas son pareil pour courser les lapins
sans oublier Blanchette,
sa vache,
bien sûr,
qu’il menait à la prairie.

De son père,
il parlait très peu…
Il avait disparu un soir,
une histoire de cigarettes.
« Ici quand tout vous abandonne
On se fabrique une famille »
comme disait l’autre.

Le monsieur était venu très tôt le matin
pour avoir un « éclairage rasant » qu’il avait dit,
lui,
il pouvait se mettre où il voulait,
alors il s’était posé là,
sur la chaise,
un peu en retrait,
derrière le buffet où étaient rangées ses affaires
et l’adresse de sa sœur.
Le monsieur faisait le reste,
avec son appareil.


Walker Evans (American, 1903-1975), West Virginia Living Room, 1935
West-Virginia Living-room 1935
Walker Evans
(American 1903-1975)

Son rêve.

Lui
ce qu’il voulait
c’était ne plus aller à l’usine
ne plus aller.
Aller à l’école
pour apprendre
ne plus aller à l’usine
ne plus aller.


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(Deuxième gif envoyé par Bernadette que je remercie au passage).

Elle venait de la repasser, sa petite robe à carreaux…

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Envie de savoir
ce qu’elle tapait à la machine
ce jour là.
Rien d’important peut-être…
Quelques lignes à une amie,
peut-être un ami…
Ou un article,
oui un article.
Ça me va.

C’est une image gigogne
qui se donne à lire
qui donne envie d’écrire ;
le toaster donnant à voir
en perspective curviligne exagérée
(tel un van Eyck, dirait l’autre)
le micro hors-champ derrière la machine à écrire
la housse de l’appareil photo devant,
un Zeiss Ikon peut-être…
Le miroir lui-même,
plus grand,
donnant à voir une troisième personne dans la pièce
hors-champ elle aussi.
On l’a déjà vue dans le reflet du toaster, du reste.
Jouant comme des fenêtres virtuelles
deux petites reproductions
pareilles à des Gauguin
achèvent la perspective de l’image
par delà le reflet.
Les persiennes derrière,
probablement une porte,
séparent la cuisine du séjour,
ou de la chambre avec le bureau.
Nous sommes dans un petit appartement
ou une guest-house.
Le sucrier, et peut-être un beurrier à droite de Wispra…
Oui, elle s’appelle Wispra, ça me revient maintenant;
son sac sur la table attestent de l’exiguïté de l’espace.

Gary se dit qu’il y avait, là, de quoi immortaliser
avant d’aller pique-niquer au lac de l’Étoile.
Au moment de déclencher,
il vit, trop tard, la housse de l’appareil et se maudit intérieurement.
Il passeraient chez les Servais voir si son collègue avait un 6 x 6 à lui vendre…
Il avait envie de faire quelques images avec le Rolleiflex
Finalement ils restèrent,
là,
l’après-midi,
à baffrer de la tarte aux groseilles du Cap
que madame servais faisait si bien.

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Un certain Malick.

Ce couple qui danse reste un monument de simplicité et de fraîcheur…
Un soixantième de bonheur.

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Je garde une profonde tendresse pour Malick Sidibe tant il me rappelle ces années adolescentes,
perdu au fin fond du Cameroun,
à Foumban…
J’allais porter mes films noir et blanc à développer dans un magasin pareil au sien à Bamako… C’est à dire une petite officine où le bonhomme faisait tout lui-même au milieu d’un fatras d’appareils démontés, de revues, de chiffons sales.
Oh ! Ne me demandes pas le nom, je ne m’en rappelle plus…
C’était juste à côté de la quincaillerie de Pauleau… Raphaël, pas Auguste… Auguste tenait la librairie, plus loin.
Mais je m’égare.
Le film était développé « dans la semaine sans faute » et revenait toujours « un peu voilé », un peu « pâlichon  » mais bon !
Les tirages gris, plutôt que noir et blanc restaient magiques.
Si tu es en Afrique pour avoir la perfection, t’es mal barré !
Tu fais avecque,
et c’est bien comme ça…
Tu sais, c’est comme pour la viande :
au marché, les mouches ;
on passait sous le robinet avant et on « la cuisait bien ».
tu avais des vers ou pas.
Mais revenons à nos photos.
Malick a eu la mauvaise idée de nous quitter hier,
il laisse une œuvre considérable,
sans autre ambition que de capturer la vie,
le moment ,
mais tellement bien,
tellement simplement…
Tellement simplement.
Je ne vais pas faire dans l’hommage appuyé ou la nécro,
je préfère garder cette petite parcelle d’adolescence,
fugitivement entr’aperçue sur ses clichés au bonhomme.

Benoit Facchi a rencontré le bonhomme et en parle très bien sur son blog et André Magnin lui rend un bel hommage aussi.
Par contre si on veut approfondir à la photographie en Afrique on lira « Préserver les archives photographiques africaines : pour une cartographie des acteurs et des initiatives » qui est un assez beau tour d’horizon du sujet.

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malick sidibePortfolio

Le moment où Zeus la vit…

Mais elle ne l’aida pas.


aaa leda

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