Ou quand les grands mythes sont expliqués aux tout-petits à la façon de Kundera, quoique je doute que Milan se serait jamais fourvoyé dans une telle histoire…

(Ici devait venir l’image d’un suricate de mes amis, mais comme je n’avais rien d’autre…)
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Un suricate était amoureux d’une adorable petit clé à molette, tout ce qu’il y a de plus mignon, qui vivait encore, malheureusement, chez ses parents.
Drôle d’idée me direz-vous mais notre petit bonhomme n’était qu’un suricate après tout, et, vivant dans les champs loin de sa famille, il n’avait pas eu d’autre idée que de tomber amoureux d’une quoi déjà ? Ah oui ! d’une clé à molette !
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(Je me demande comment je vais me sortir de cette histoire se dit l’auteur qui n’en était pas à son premier coup d’essai dans le domaine ).
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Les champs, donc, ça le connaissait…
Il fallait le voir, avec amour, cueillir ses pissenlits, tournesols, fleurs de pavots (des coquelicots quoi !) et tiges de lin pour s’en aller conter fleurette à sa douce et tendre
Ils s’aimaient d’amour tendre et de fleurs des champs que notre ami (appelons le Norbert et n’en parlons plus…) lui apportait régulièrement : dame ! Quand on est amoureux !…
Vous savez ce que c’est !
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A ce stade du récit vous vous dites, à juste titre, que cette histoire commence bien : on a, en effet, en peu de mots toute une dramartugie qui s’est mise en place… Le suricate est un animal porteur, éminemment sympathique tout affairé qu’il est, en général, à sa survie… On le voit façon périscope terrien qui monte et qui descend, surveillant en permanence les alentours inquiet qu’il est d’un prédateur éventuel ou de la venue de ses cousins d’Amérique ou d’Australie…Qui, du reste, n’existent pas… C’est un mythe quand on naît « suricate » que de croire qu’on a des cousin aux U.S.A. ou en Australie… Un snobisme même !… Le suricate ne vit exclusivement qu’en l’Afrique du Sud.
Ne m’embêtez plus avec ça, vous voyez bien que je ne suis pas un spécialiste du genre !
Bon ! ceci étant dit, ce suricate est amoureux d’une clé à molette…
La dimension surréaliste chère à notre petit royaume du Nord ne vous aura pas échappé non plus… On sent que l’auteur, c’est à dire moi, maîtrise son sujet comme un cowboy son bronco ou Ava Gardner, Richard Burton dans « La nuit de l’iguane » (Avaaaaaaaaa!!! c’est le refrain )…
Ne faites pas attention c’est un private joke avec des amis.
A ce stade-ci, aussi, tous les coups sont permis
(fin de la parenthèse, il est vrai, un peu longue).
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Il faut savoir que le futur beau-père, un raton-laveur qui avait roulé sa bosse en Algérie et en Indochine et au Congo aussi je crois… Chevalier de la légion d’honneur, à présent retraité SNCF, de surcroît père par procuration de la gamine (la clé à molette, vous vous souvenez ?)… ne voit pas d’un très bon oeil ce gendre, sans situation stable, toujours inquiet de son ombre et qui tourne autour de sa (belle) fille.
Moult fois ayant prétexté des transformations dans le petit pavillon jouxtant le garage qu’ils habitent en banlieue, lui et sa petite famille… Le raton-laveur évita, soigneusement, d’inviter le suricate à leur table.
Aujourd’hui, c’est mercredi, le grand jour est arrivé, Norbert va demander la molette de sa fille à son Raton Laveur de père… Sa clé en quelque sorte.
Mais, traversant comme il en avait tant l’habitude la voie de chemin de fer son petit bouquet à la main, le suricate distrait ne vit pas l’omnibus de quatorze heure dix-sept.
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Je trouve ce conte à la fois bien triste et cruel…
Je ne vois pas très bien ce qui m’a pris ?
Rappelez-moi de vous raconter l’histoire du « glutier » et/ou de « Kiki le petit chien qui pue » afin de me racheter, si tant est que c’est encore possible ?
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(Après tout peut être que celle-ci aurait mieux convenu…
Il est vrai que ce 11 novembre me fiche les boules )


