Archive for the 'lambeaux' Category

Vulcain.

Un carnage !
Les corps comme chevillés les uns aux autres
enchevêtrés en une dernière embrassade
mortelle
le tout
mélangé aux chevaux
présentaient tous les signes de ce qui avait été
et ne serait plus.
La masse informe autour du canon ne laissait rien présager de bon…
Magma informe polychrome et apocalyptique…
L’horreur se lisait encore sur les visages…
Sudistes,
Nordistes,
Indiens,
simples cowboys
et chevaux…
De tout cela il ne restait rien.
après toutes ces guerres,
trois,
les grands disaient
et puis l’indépendance
et plusieurs cambriolages,
ils en avaient toujours réchappé
comme par miracle.
Mais là,
là,
rien !
Il ne restait plus rien
que ce petit tas
en boule
encore chaude,
fumante
sentant le plastique brûlé.
…. Grand-père me dit :
– Mais je ne savais pas qu’ils étaient rangés là
tous tes soldats et tes coboïs (sic)
…Il faisait froid ce matin
et j’ai remis du coke dans le poëlle.
Vulcain,
mon forgeron de grand-père,
avait fondu mon précieux bagage
dans son fourneau, à tiroirs, en fonte
pour se chauffer son café du matin.
Je devrais me contenter désormais
de douilles de cuivres
trouvées dans les jardins,
au petit bonheur.
Plus tard,
une boîte de punaises,
trouvée aux puces (jeu de mot ?)
me rappela cet épisode.
.


C’est quelque chose, trois fois rien.


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(copyright Joachim Mogarra).
D’autres images sont visibles ici et aussi

J’aime l’économie de moyen chez Joachim Mogarra
… Et moi si je vous dis que la Loïe fut l’air ?
.

Wispra repensait à ce curieux client, habitué des lieux, qui venait de sortir…

Fouillant ses carnets
sortis de sa vieille serviette en cuir…
les feuilletant d’un doigt rageur
psalmodiant,
éructant,
crachant sa haine par moment,
puis buvant sa bière
à petites gorgées silencieuses,
goulues et gourmandes.
Reprenant ses métacarpiennes recherches
pérégrinations pianistiques sur papier sans musique…
Comptant,
recomptant
et pas content.

Le bonhomme était marié depuis vingt-cinq ans;
flic dans le centre-ville,
il parlait toujours de
« ma femme » par-ci,
« ma femme » par-là,
tant et si bien que
ses collègues l’avaient surnommé…
Peter.
(« Colombo » c’était trop facile, ndla)
L’était revenu
un soir
au domicile et…
Les fantômes du guéridon, de l’armoire bretonne, de l’armoire normande, le salon, la salle à manger, la demi-lune, le buffet…
Les fantômes l’attendaient.
Des taches floues aux murs
remplaçaient les tableaux…
Il n’y avait plus rien…
Elle n’avait rien laissé…
Exceptés quelques dossiers,
ses carnets et
deux ou trois livres…
Les déménageurs avaient fait vite.
Dix heures
il avait fallu.
Disparu.
Tout avait disparu…
Il ne restait plus rien…
Dix heures plus tard
de leur « petit nid d’amour »
Il était devenu comme fou…
Sur le champs.
Sans réfléchir.
Lui qui enquêtait à longueur de journée sur des affaires de moeurs,
de cambriolages, de drogue…
N’avait pas vu venir
C’est depuis qu’il comptait et recomptait sans cesse…
Contrarié.
Pas content quoi !

.
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(copyright Yves Marchand et Romain Meffre)
.

Wispra débarrassa.

Vite un autre pour la revoir miroiter au fond de mes souvenirs par l’alcool conservés…


(« La dame au fond du verre » est un film édité par « Le blog à Luc and Bros & Co » 2010).
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Au fond elle avait raison
battre ce record du monde
en apnée dans le saké
était un bien bel exploit.
.
A la fin j’ai craqué
(malheureusement)
le breuvage bu,
elle avait disparu…
.
Ce saké en fin de partie était,
décidément,
une mauvaise idée.
.
épilogue :
il n’y a pas d’haïku.

Pour quelques sous dans les fouilles du falzar de son père.

Un peu plus grosse qu’une pièce
de deux de nos euros
cette tache de vin
habitait sa joue.
C’était là son arme…
Pendant que l’autre le regardait,
son angiome,
il lui scrutait l’âme,
à son interlocuteur…
Lisant à livre ouvert
à qui il avait à faire.

Elle
à la maison
c’était sa peur, sa trouille, sa sainte frousse…
Lorsqu’elle avait fait une bêtise
il ne lui levait jamais la main dessus
la punition était bien plus terrible que ça;
elle devait l’embrasser
l’angiome
Il le lui montrait de loin
en silence
posant simplement l’index dessus
elle venait alors
malgré elle
inexorablement
magnétisée
par ce chancre
lie de vin
dont elle détestait le contact sur les lèvres.
.
Plus tard
à sa mort
elle l’embrassa

sans qu’il l’oblige
cette fois
comme réconciliée
avec cet homme
sévère et bon
qu’elle avait mal lu,
dont elle avait eu peur
toute sa vie.

.

(ill. S. Ricci).

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A moitié satisfait de sa nouvelle,
du titre surtout,
il devait régler l’addition…
Wyspra la lui apporta
Le bonhomme sorti,
elle fit un pola des restes par lui laissés.
Il avait ses habitudes,
deux fois par semaine à présent,
à la brasserie.
Il ne touchait pas au pain,
mais le réclamait toujours.
Les gens sont curieux.
.

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