Archive for the 'rapport au sol' Category

Variation I: linge et danse



… Et si j’ai envie d’être léger ce matin,
après le billet d’hier?
demain je vous montre le bas.

Variation autour de la danse.



… En ce début de week end,
je n’ai pas pu m’empêcher.
« Sweet dreams are made of this… »
Disait Annie.
Suspense…

Boîtes postales vs portables… Sont barjots ces opérateurs.





De cette poste il n’en reste rien, juste la façade qui…
Comme son nom l’indique.
Sur le côté, à gauche, ils ont refait les cellules, en vitrines de petits commerces apparemment…
« Notre » boîte était là.
Plus de boîte!
« mâche ta chique jeune matelot! »
à droite, ce n’est pas encore « réaménagé » (et loin de l’être): certaines boîtes sont bâillonnées par un chiffon pour être sûr qu’elles ne cracheront plus leurs bonnes et leurs mauvaises nouvelles ou plus simplement elles ont été remplacées par un étalage compliqué en bois où l’on a refait à l’identique les anciennes cellules à courrier…
Faire et défaire.
On a juste envie d’y mettre ses chaussures ou sa trousse de toilette.
L’imbroglio des boîtes manquantes, à moitié défoncées (quand ce ne sont pas des trous béants) me remémore ce glorieux passé épistolaire où les gens avaient encore à coeur d’écrire ou de communiquer toutes les semaines avec la famille restée en Europe…
Plus de « Mes chéris… » ou de « Chers vous cinq,… »
Lettres mortes.
‘A p’us!…
Miracle, aussi, de ces boîtes qui pourvoyaient, aux fêtes, les petits cadeaux venus de l’autre continent.
Les plus gros, c’étaient à l’intérieur que nous allions les chercher.
‘A p’us non plus!…
Justement, l’intérieur parlons en…
Des gens sont agglutinés, comme aux heures de pointe, ils n’attendent ni bus ni métro,
mais l’occasion de marchander l’un ou l’autre appareil mobile…
Ou de le faucher, plus simplement…
Tu ne poses pas un doigt dans le hall sans faire un sms par mégarde…
« Ils sont venus, ils sont tous là » (sic) ces portables de toutes marques,
ces modèles de tous poils,
Le port d’arme est, bien entendu, prohibé…
C’est marqué à l’entrée.
C’est aussi la bourse des opérateurs…
Sont barjots avec leurs offres de rooming à prix bas:
la carte sim aux code pin magique, sésame du texto, se vend par centaine, ici, chaque jour…
« T U? 1 bbq c’we?:O) »
Faudrait être timbré pour vouloir encore poster une lettre.
Je n’enverrai pas de cartes postales…
Quelles cartes postales, d’ailleurs?
« L son U ? » (sic).

La rue Msiri.


Après une semaine où la tension montait de jour en jour, nous nous sommes retrouvés dans cette maison au microcosme parfait.
A l’abri de ses hauts murs dépourvus de tessons de bouteilles et de rouleaux de barbelés (chers aux maisons Luchoises) nous nous y sentions en sécurité.
Il y avait, là, tout en plusieurs exemplaires: Jacarandas, flamboyants, goyaviers, avocatiers, papayers, palmiers, manguiers, même de la canne à sucre…
Le château d’eau, les coupures de courant et d’eau (forcément vu que la pompe était dépourvue de Shadocks), sorte de petit Far West ou la latérite se redessinait et se nourrissait inlassablement des empreintes de nos pas, tableau vivant de poudre rousse, à l’échelle humaine…
Je n’aurais pas eu l’occasion de visiter la maison de mon enfance, que celle-ci m’aurait suffit.

La mission.


Dans cette mission Franciscaine de Lukafu tout est réunit pour faire le matin du Monde chaque jour… Sur le grand plateau de la Lufira où celle-ci coule, alimentée par les chutes de la Lofoï, non loin du parc des Kundelungu qui présente une succession de hauts plateaux et collines de savane échelonnés entre 1.200 et 1.700 mètres d’altitude…
Dans cette mission disai-je, on est instantanément projeté au temps de Rimbaud ou d’Henry de Monfreid, tant ces vieilles bâtisses, simples et basses, prennent l’or du matin pour ne le rendre qu’au soir…
On y trouve un dispensaire, une école primaire d’un millier d’élèves (un instituteur pour cinquante gamins) et une école secondaire de huit cents étudiant (même nombre de profs par tête de pipe), de même qu’un internat de soixante lits pour les garçons et de quarante pour les filles, cinq bassins de piscicultures avec des poissons de la rivière (qui coule pas loin j’ai dit) et, bien sûr, une église tellement vieille que les murs s’affaissent.
Le père Raoul a décidé de la refaire en l’augmentant toutefois de deux ou trois mètres sur les côtés, on ne sais jamais, d’où cet intéressant phénomène de liturgie se passant sous le toit de l’ancienne, pas encore abattue, et de la nouvelle dont les murs entourent, à ciel ouvert, la foi de ses paroissiens.
Nul doute que l’Abbaye de Cluny aura bientôt des raisons de l’envier…
Ce qui est un péché.

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