Calendrier ’11… C’est fou ce que le temps passe vite quand on s’amuse !




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Un grand magazine New Yorkais,
dont je tairai le nom,
m’a passé commande d’un calendrier pour ’11…
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(Gil Elvgren-1914-1980)
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Avec Rididine on a décidé de se remettre au travail
Hou ! Le vilain mot me direz vous
Et vous aurez raison !
Comme nous sommes en vacances à Honoluluc
(car ce temps en Europe ne nous inspire guère )
après la plage, nous avons joint l’utile à l’agréable :
quelques photos dans un studio,
par nous improvisé,
ont fait l’affaire.
J’ai retrouvé mes pinceaux et mes brosses…
Et me revoilà dans mes gouaches,mes huiles et les toiles.
L’odeur du siccatif ,
de la térébenthine
et du White Spirit rien de tel !
… Au risque de déplaire à Marcel D.
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(Gil Elvgren-1914-1980)
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Quel plaisir toujours renouvellé !
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(Gil Elvgren-1914-1980)

Incipit mais non sans saveur… (III et fin).

« L’œil, d’abord, glisserait sur la moquette grise d’un long corridor,
haut et étroit.
Les murs seraient des placards de bois clair, dont les ferrures de cuivre luiraient. »
(Les Choses, (1965), Georges Perec)

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Ah vous voila !
J’ai failli attendre…
Résumé des épisodes précédents
car avec tout ça,
même moi je m’y perd,
C’est dire !…
Je rappelle que tout ceci fut raconté dans le but évident
d’avoir droit à cette larme d’Oban par moi briguée
s’ennuyant au fond de la bouteille dans une soirée plus qu’arrosée :
ça, c’était il y a deux jours.
Dans l’épisode d’hier, le corps du récit était développé de façon magistrale…
Ce n’est pas moi qui le dit,
c’est un ami plus au Sud
Son nom ?
Ne comptez pas sur moi pour balancer.
Sachez seulement que c’est un copain de récré et qu’il a ma locomotive rouge.
Je compte le distraire à l’aide de ce récit pour détourner son attention cependant que j’irai dans sa chambre récupérer mon bien.
D’une pierre deux coups !
Nous en étions restés à :
L’animal est occupé à sa tâche d’alpiniste, centimètre après centimètre, quand vient à passer un léopard ou une panthère…
Quatre mètres plus bas…
Le félin regarde aussi les cimes avec d’autres idées…
Et, à la vue du aï (autre nom du fainéant d’en haut) son idée est faite :
le croissant du matin est là…
Offert par la maison canopée.

Voici la suite…
Et fin.

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Le cher Khan d’Amérique du Sud ne fait ni une ni deux et bondit sur sa proie, sans réfléchir,
le sot !…
Malheureusement trois mètres plus haut notre infortuné félin glisse,
digne,
le long du tronc de l’arbre,
ses griffes n’étant pas assez acérées pour grimper comme le fait notre Gaston.
Qu’à cela ne tienne, il se récupère sûr, qu’il est, que personne ne l’a vu dans cette position, délicate, et somme toute ridicule pour un animal de son rang…
Sauf que nos amis du Geographic, flairant le scoop, n’en on pas perdu une miette,
déguisés qu’ils sont, en buisson innocent.
Notre homme,
le léopard voyons,
fait le tour de l’arbre,
recommence et se casse la figure une deuxième fois…
A l’abri des regards croit-il…
Puis il avise le tronc couché sur son flanc…
Et l’idée lui traverse l’esprit…
– Aiguiser, il faut aiguiser !!!
Pendant ce temps notre paresseux par le souffle d’air chaud dans le dos, s’est rendu compte qu’on en voulait peut être à sa tendre chair…
– J’imagine que c’est tendre de la viande de paresseux, m’avait dit une amie…
J’avais à l’époque trouvé l’idée exquise, et encore maintenant, quand j’y pense…
Et donc notre « saisi » de nature met les bouchées doubles en avalant les centimètres par trois ou quatre à la fois à présent…
Sherr Khan, lui, tel un gros matou au comble de l’extase et pareil au capitaine Haddock dans le désert en voyant Tintin en forme de bouteille se dit que ce croissant doit être croustifondant…
Ce en quoi il rejoint mon amie ci-dessus mentionnée.
Donc il aiguise,
il aiguise,
pattes de devant,
pattes de derrière…
Et en cadence, faut voir ça !
Il refait un essai, saute, fais quelques pas à la verticale,
envoie une droite au croupion de la brioche,
le rate, puis retombe sur ses pattes et retourne s’aiguiser un coup sur l’eucalyptus…
Pendant ce temps devant ton écran ton pouls s’arrête,
mentalement tu as pris fait et cause pour l’autre conard sur son tronc et muettement tu l’encourage à grimper quatre à quatre ce ‘tain de tronc, c’est pas difficile merde !…
T’as la mort au cul tu cours, tu fonce, tu… Tu…
Non, lui, au comble de la panique des paniques est passé à cinq centimètres par cinq centimètres,
il prend la branche à sa gauche à la corde,
le tigre, enfin le jaguar, qui a resauté prend celle de droite, pestant contre lui même, et retombe
un répit
(je ne compte plus, à ce stade, le nombre de fois !…
Encourageant inutile et vain mon champion en touffe de poil…
Dans un état frisant l’apoplexie d’une finale entre Borg et Mac Henroe…
Ou un grand prix à Vincenne…
Je trépigne,
serre les poings,
croise nerveusement les doigts,
me roule une clope… )
Sher Khan, casaque jaune et taches noires,
reprend son élan,
grimpe jusqu’au cul du crétin,
casaque gris souris et te lui file une droite pas piquée des hannetons,
smashe le malheureux au bas de l’arbre
le rejoint et…
Commence son festin…
Il n’avait qu’à aller plus vite ce con !…
La caméra de nos « z’amis du National Geographic »,
balaie pudiquement les cimes, le ciel bleu et le chant des oiseaux…
Cependant que le générique jette un voile pudique sur le drame.

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Epilogue : le fond d’Oban fut pour moi bien sûr
et il restait un Lagavuline heureusement.
Je reste un inquiet de nature…
Quant au contenu des bouteilles.
Quelle soirée !

Incipit mais non sans saveur… (II)


(Photo du héros ci-après, un peu floue il est vrai, mais j’étais trop fatigué pour faire la mise au point).
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Je voulais vous demander, depuis hier, ça s’est bien passé pour vous ?…
(Quel suspense hein ?)
… En plus je viens seulement de comprendre le titre !
Quel fou je fais !
Mais il faut absolument que je vous restitue la dramaturgie des évènements qui s’enchaînent…
Donc j’étais en train de zapper, un de ces soirs de solitude,
après le boulot qui vous a pompé toute forme d’énergie pour faire autre chose,
lorsque je tombe sur un documentaire avec pour sujet,
cet animal extrêmement sympathique et sale
qui passe le plus clair de son temps à écouter pousser ses cheveux
et observer les mousses et lichens s’accrocher à ses poils,
qu’il a longs de plus.
J’ai nommé :
le paresseux.
Quasiment immobile,
pendu par les pattes à une branche,
basse la branche de préférence,
il s’occupe à faire semblant d’étudier le dessous des feuilles comme le jeune Sous-Préfet aux champs de l’histoire…
Accroché dans la mangrove à sa branche basse par les griffes
qu’il a longues, celles-ci sont un peu utilisées à la façon d’esses de boucher…
Notre bonhomme passe sa vie dans une sieste perpétuelle,
sorte de Gaston sans Prunelle ni bureau et si d’aventure (sic)
il se réveille de sa torpeur
c’est pour mâchonner quelques pousses glanées de ci de là,
tendres de préférence…
Car il déteste abuser du pouvoir masticatoire de ses molaires…
Incisives et canines sont en effet absentes chez ce doux représentant de l’édredon,
fatiguées peut être, au cours d’une évolution fort longue, elles sont tombées d’ennui…
Ou par excès de lucidité, allez savoir !
Le British commentaire ne tari pas d’éloges sur l’animal et c’est alors que l’équipe du National Geographic passe, par le miracle du montage, à un autre représentant de l’espèce,
un peu plus loin,
comme le premier juché sur un tronc
mais à quatre mètre du sol, cette fois,
tronc qu’il est occupé à gravir dans un sursaut que seule la faim (qui justifie souvent les moyens) explique…
C’est parfait pour ma soirée, je me reverse une lichette de cet excellent Aloxe Corton par des amis offert.
La clairière est accueillante,
un tronc d’arbre fatigué de la verticalité gît en travers de la verdure,
la lumière est belle,
l’endroit bucolique et champêtre…
Faut-il ajouter que les oiseaux chantent pour vous convaincre ?
L’animal est occupé à sa tâche d’alpiniste, centimètre après centimètre, quand vient à passer un léopard ou une panthère…
Quatre mètres plus bas…
Le félin regarde aussi les cimes avec d’autres idées…
Et, à la vue du aï (autre nom du fainéant d’en haut) son idée est faite :
le croissant du matin est là…
Offert par la maison canopée.

Mais voila que le téléphone sonne,
il faut que je réponde.
Je reviens tutt’d’z’uittt’

RrrrooohhhHHH !!!
Cet Oban !
RrrrooohhhHHH !!!
Ce suspense !

(à suivre dans « Incipit mais non sans saveur… (III suite et fin).

Incipit mais non sans saveur…



L’ambiance retombait un peu et les conversations se délitaient sur les sujets les plus divers
C’est alors qu’on en vint à parler des documentaires animaliers, comme seuls les Anglais peuvent en faire… Capables, qu’ils sont les bougres, de suivre une familles de souris dans les combles d’une maison lambda appartenant à un petit ménage de la middle-class du Yorkshire…
Madame O’Lambda fait la vaisselle, le repassage et le ménage,
pendant que monsieur lit « Time » en fumant un cigare et sirotant un « ouiseky » au salon
et les enfants jouent dans leurs chambres cependant qu’une petite famille,
monsieur et madame souris,
eux,
s’occupent d’approvisionner leur progéniture,
une portée « so cute » de petits souriceaux tous plus mimis les uns que les autres…
Surtout le petit gris foncé à gauche, you know.
(Rien que du normal dirait mon ami Pluplu qui peut se montrer goujat lorsqu’il s’agit des vraies valeurs de la famille…)
On est capturé, pris au filet, pas question de zapper et on ne répond plus au téléphone…
Cette famille souris, les Cheese qui squatte chez les O’Lambda,
EST EXTRAORDINAIRE !…
Point barre.
On aurait voulu naître souris !
Les Anglais peuvent faire pareil avec une famille de mulots, le célibat du ver solitaire ou un groupe de hyènes, de lycaons ou de castors…
Vous l’aurez deviné, ami lecteur…
(Je peux vous appeler comme ça maintenant que nous avons pris langue l’autre fois…)
Vous l’aurez deviné, disai-je, j’adore ce genre de documentaire et tire mon chapeau à la perfide Albion pour cette peinture des vraies valeurs… Pluplu, tu vas encore dire une bêtise !
Or donc, j’en avais une dans ma besace… Pas une peinture, une histoire animalière, vue dans un documentaire sur…
Mais il est trop tôt pour vendre la mèche.
Pour peu que j’arrivasse à restituer la trame et le suspense de la situation qui allait faire se tordre de rire l’assemblée cela me vaudrait une tournée de cet excellent Oban dont je lorgnais le niveau de plus en plus (dangereusement) bas…
Je ne pouvais me résoudre à passer au Johnnie Walker ni même à l’Ainslies…
Quelle horreur !
Ce fond d’Oban, il me le fallait !…
à moins qu’on n’apportasse sur le champs un Lagavuline
ou la petite soeur de la dite boutanche
(oui, à cette heure-ci je dis « boutanche »…
Gna kékun kgne ça déhanche ?)
Je ne me voyais pas terminer autrement que propriétaire
de la dernière lampée de ce divin breuvage tourbé.
Voici donc une histoire racontée
il y a de cela très longtemps
au cours de cette soirée arrosée plus que de raison,
hélas,
à une assemblée hilare et un peu conquise à l’avance
vu le taux d’alcoolémie général…
Ma mission ?
Raconter l’histoire…
Eviter le bide !
L’Oban m’attendait !

Mais je vois l’heure qui passe
et on sonne à la porte…
Je dois aller ouvrir…
Sans doute Rididine qui revient des courses au supermarché du coin…
Bougez pas j’arrive !

Voila que ça sonne une deuxième fois
Serait-ce le facteur, alors ?

(On est dans l’incipit ou on ne l’est pas !)
.
(à suivre).
……………………………………………………………………………………………………………………….

Bientôt Noël, je m’entraine à faire des petits contes.

Indifférent à la foule,
celle de ces grands magasins
illuminés comme des bordels
pour les fêtes,
le petit bonhomme faisait voguer,
à bout de bras,
son petit navire fait d’une noix
et d’un tout petit bout de tissu
Il s’en allait,
ainsi,
chantant à tue-tête
sa rengaine magnifique,
Ohé ! Ohé ! mâtelooooOOOt !!!
Matelot naviiigue sur les flooOOts…

martelant ses galoches sur le pavé,
Pic ! Pac ! Pouc !
les congères molles des bordures…
Plif ! Plaf ! Plouf !
la neige sale de l’asphalte…
Flitch ! Flatch ! Floutch !
Les flaques froides et glacées du goudron,
Chlip’ ! chlap’ ! Chloup’ !
et P A F !
Il ne vit pas la voiture…

La voix smart et nasillarde du haut parleur dans le « grand magasin » d’à côté annonça :
– Le petit Arthur est attendu par sa maman à l’accueil, au rez-de-chaussée,
je répète :
– Le petit Arthur est attendu…
Et la voix fut couverte par
le bleu électrique intermittent d’une sirène,
au hululement inutile déjà.



Ce qui, pour un conte de Noël,
est assez triste, en somme,
j’en conviens…
Mais vous me connaissez…
J’adore raconter des histoires
et peut être que celle-ci n’est encore,
une fois,
que le fruit de mon imagination,
allez savoir ?

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