Waza.
Dans la nuit
Waza silencieuse et noire
brille au loin
de ses petits yeux fixes
…
Le peu d’air,
interdit de fraîcheur,
assèche la gorge.
…
Pulsations de quelques palmiers.…
Insectes et chauves-souris
ébouriffent le firmament
babouins et autres bêtes
sont là
invisibles.
…
Au travers du trop fin drap tendu
la table dure et étroite
de l’école Islamique
se rappelle aux vertèbres.
…
T’en ficherai des « nuits à la belle étoile » au milieu d’une réserve, en Afrique !
…
Peur,
ça oui !
D’être bouffé,
lacéré,
écartelé par quelques bêtes,
trop réelles,
trop cruelles,
aveugles en somme,
pendant la nuit.
…
Peur,
ça oui !
…
Network at Ouaga-Doudou.
Le bonhomme à la moto leur avait dit qu’elles auraient une place bien payée dans la communication :
à la télévision locale
(fraîchement créée à la capitale).
La campagne était loin d’offrir ces avantages !
Pensez donc !
Pour un salaire décent
une sécurité d’emploi,
une stabilité d’avenir
la ville offrait cette opportunité de travail,
que dis-je ?
Cette promesse d’un ailleurs !
Acheter une maison,
fonder une petite famille,
avoir des enfants et
des petits-enfants…
La vie était trop courte pour rater une telle occasion !
Elles avaient donc signé et…
– En route ma poule !
Secrétaires,
animatrices,
speakerines,
miss météo…
Bref !
Ouaga-Doudou n’avait qu’à bien se tenir ! (sic).
Elles arrivaient !
A elles la belle vie !
Tout restait à faire…
C’était du tout cuit !
Mais il faudrait se battre.
…

(crédit photo : Yves Fonck que je remercie pour ce prêt d’images).
ps : le premier qui me fait « cui-cui » en commentaire paie la tournée.
Zanini noir.
Oun’guele Oun’guele Oun’guele Yo
Oun’guele Oun’guele Oun’guele Yo
Oua-yé
Le type tapait sur sa barrière nadar
Scandant son sapajou de contrebande à la foule médusée
Se balançant dans un rythme syncopé
Zazou Oun’guele Bô
Sorte de Zanini noir
il s’époumonait
comme un beau diable
au pied de Beaubourg
à faire ses
Oun’guele Oun’guele Oun’guele Yo
Oun’guele Oun’guele Oun’guele Yo
Oua-yé
entouré de badauds indifférents
investis d’envies culturelles
du paquebot immobile.
Soudain ;
… Tchoff !
Il tape sur une banane
accrochée là,
entre casseroles et couvercles en alu
comme ultime clin d’oeil
à la ceinture de Joséphine.
Elle est loin,
la terre natale,
hein ?
Oun’guele Oun’guele Oun’guele Yo
Oun’guele Oun’guele Oun’guele Yo
Oua-yé
L’exode manqué.
Il la racontait souvent cette histoire
l’exode avec ses trois copains ;
à seize ans,
perdus au milieu de nulle part,
dans la campagne Française,
à marcher depuis trois jours,
fuyant le Nord et l’avancée allemande
avec l’espérance du Sud…
Au détours d’un chemin
il tombèrent sur une patrouille Allemande
dont le chef demanda leurs papiers ;
voyant qu’il avait à faire à de jeunes fuyards
venus de Belgique
et qu’ils n’avaient rien à faire là,
le type éclata, écarlate, hurlant :
– Vichez le camps à la maizon tout dé zuite ou che fou fê sauter afec tes pompes !!!
Nos trois camarades,
n’écoutant que leur courage,
rebroussèrent chemin,
rentrant à la maison.
…
Ils se souviendraient longtemps
de leur « exode » manqué
et surtout de cette frousse,
une immense frousse.
…
Lui se jura que plus tard,
il irait dans le Sud !
C’est comme ça,
je crois,
que papa se retrouva en Afrique.
…
Des fois dans des classes de garçons.
Des fois dans des classes de filles.
![]()
Mais ça c’est une autre histoire.










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