Archive for the 'correspondance' Category

L’ennui.


Le dimanche après-midi tu t’y ennuies…
Douala n’a de doré que ses staphylocoques.
La ville suinte de toute son humidité
dès la descente d’avion…
Mais je te l’ai déjà dit…
Un moisi de vieille tartine oubliée au fond du cartable.
Alors tu prends la voiture et tu vas jusqu’à l’aéroport…
Voir les avions.
Comme Bécaud
Mais ce n’est pas Orly.
Tu longes la piste,
arrive sur un petit chemin de terre battue et
cahote jusqu’au cimetière près du « bois des singes »…
Là tu arrêtes le moteur…
Bien rangé
à dix mètre d’une autre famille de blancs
qui picnique là aussi.
Petit salut de loin,
(précaution d’usage)
Et tu attends…
Tu attends RIEN
Plus tard tu sauras que c’était Godot
mais en attendant tu t’emmerde…
Ferme.
L’ennui profond;
le « qu’est ce que j’veux faire, ch’ais pas quoi faire »
qui te parleras si bien plus tard…
Mais il est Godot pour connaître Godard.
Il y a les tombes évidemment
ça ! des tombes il y en a…
Et puis le monument érigé:
« à-la-mémoire-des-victimes-de-la-catastrophe-aérienne-des-années-’70 »
Ou un truc du genre.
Une aile en béton…
Original !
Triangle alone au milieu des croix du jardin des morts…
Et tout au bout,
t’as la piste;
le 15h45 dans un grondement assourdissant
une orgie de son
un fracas de décibels…
Qui prend son envol.
.
Dis p’pa ?
C’est quand qu’on va où ?
T’as fini ton livre ?
Moi oui.
.

A la manière de …

Michel, un grand ami
(un peu poète)
m’a fait lire sa dernière trouvaille.
« Il était zingueur le matin
il a foncé à la marée,
couvert de plume
J’laverai mon fusil demain
et passe ce rôt, là haut.

Par dessus les taons
sous daims j’ai vu
assez de soies sauvages… »

.
– Ce sera le refrain me dit-il… Comment tu trouves ?
Michel ! Quelle pêche ! Lui dis-je,
un peu retravaillé ça devrait faire une chanson…
Peut êre pas un tube,
mais…
J’avais raison,
c’est un poète hein ?
.

Grenat.

Grenat
de carcasse putride
au zonzon particulier
exploré par une nuée
lourde et insistance
nerveuse et mordorée
de mouches importantes et
vertes.

Tout est calme
ici
ou presque.
.
Wispra prend l’image comme s’il s’agissait d’un plat laissé par un client.
.

.
– Tu parles d’un dimanche !

Melchior, Balthazar et…

Gérard… On les baptise comme cela
pour fiche la paix à Gaspard…
Au dispensaire on a de l’humour ou on en a pas.
D’ abord il y a cette induration
de la taille d’une soucoupe.
Sous la chaleur,
jour après jour,
tel un bubon
il s’installe et grossit
cependant qu’un autre pousse,
dix jours après suivit d’un troisième.
Le premier arrive a maturité avec ses têtes pâles turgescentes et molles
mature pour être percé par l’épingle passée par la flamme et l’alcool.
Parfois le scalpel ou les rayons sont nécessaires.
Tirer en s’écartant des bords du cratère,
reste le meilleur moyen de vider l’anthrax.
laisser sourdre la sérosité grasse et jaunâtre …
Là commencera la douleur…
Jusqu’au bourbillon
Là commencera la délivrance.
.

(Mission Lukafu).

Faisant contraste.


.
Dans sa tour d’ivoire,
l’homme lisait Joyce
marchant sur la colline
indifférent au couchant.
.

.
Il avait pour signet
une photo de Marilyn
avec au dos ce mot.

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