Isabelle.

Elle l’a toujours.
Ce corps de rêve pour les photographes
… Pour les dessinateurs aussi.
En noir et blanc davantage qu’en couleur
sa peau mate interdisait au prisme de s’y réfléchir;
douze ans à écumer les académies
leurs pièces mal chauffées
l’air confiné brassé par ces « soleil à carotte » vétustes,
qui cuisent la peau d’un côté et laissent frigorifier l’autre
ou par ces chaufferettes toujours prêtes à faire un court jus
ou à tomber en panne
la crasse déposée par le fusain, qui macule le drap…
D’un coup me revenait l’époque ou je la pratiquais en cours du soir,
pour le plaisir, et le jour pour le travail avec les étudiants.
Je l’ai revue la semaine dernière
(tu t’en fiche hein?)
Accentué par cette légère coquetterie de l’oeil gauche qui te fait hésiter,
tu ne peux pas savoir le sourire radieux qu’elle peut avoir…
Un Steinway éclairant ce visage parfaitement symétrique, régulier et racé
« Nous étions jeunes alors! » lui dis-je
(si Allais ne l’avait pas inventée, celle là,
sûr que je m’en serais chargé).
Vingt cinq ans plus tard je n’aime toujours pas ce dessin,
conforme au canon peut être,
mais exempt de douceur…
Elle non plus à l’époque, ne l’aimait pas…
Je me souviens,
ressemblant mais trop dur disait-elle.
Exempt de douceur je confirme.
* * *
« Comme on change »…
(Celle là elle est de moi).