Archive for the 'fragments' Category

La « Hanoï attitude ».

Le vietnamien moyen naît avec un guidon de mobylette dans les main
puis apprend à marcher.
Ce moyen de transport est une seconde nature chez lui…
Il se comporte sur le macadam comme toi sur le trottoir.
Il avance
Toujours
La marche arrière il ne connaît pas.
No rules,
pas de règles,
comme les écossais dans la pub.
Au pire
il s’arrête
et penche sa roue avant gauche
vers la droite…
Mais il ne recule pas.
Quant au trottoir,
c’est clair,
c’est le parking le plus sûr…
Si un type n’y a pas déballé son magasin.
Ça reste un spectacle permanent,
concert de klaxons en tous genre,
sonnettes ridicules et stridentes
tintamarre visant le bruit blanc.
Marrakech, Lubumbashi, Naples et même Palerme n’arrivent pas à la cheville de Hanoï.

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À noter qu’il y a la « Hanoï attitude » tenue par les fifilles sur leurs engins.
Les genoux rejoints contre la coque avant,
les pieds écartés et légèrement en dedans,
le dos bien droit avec une très légère cambrure des reins,
les deux mains au guidons,
bras tendus et tête bien droite,
casque, masque et grandes lunettes,
elles vont et viennent,
à toute allure,
comme Seccotine sur sa Vespa,
au bon vieux temps de Spirou et Fantasio.

seccottine


Sinon,
rien à voir,
quoique…
Les vidéos se (re)chargent (à allure modérée) sur Viméo, c’est ici que tu peux les trouver.

« La syntaxe et le taxi. » (Ceci n’est ni du La Fontaine ni du Marcel Aymé… Je parle du titre ‘videmment).

En arrivant à Saigon le type du taxi me parle anglais
puis me pose une question sur ma provenance et, instantanément, avec un grand sourire entendu, change son sabir
Je comprends de moins en moins l’anglais me dis-je…
J’écoute un peu mieux tout en comprenant de moins en moins
En aquiescant poliment je redouble d’attention, pour comprendre ce que ce monsieur cherche à exprimer.
Peut être que ce breuvage à l’aéroport était drogué, me dis-je…
Puis,
au détour d’une phrase,
je reconnais des mots
et m’aperçois que nous sommes passé du pidgin de Shakespeare au baragouin de Molière
Le type m’explique qu’il a étudié le floncé dowgpuis ong gan et guil basse des exam’z pour obtenir le diblôme.
De vieux restes de langage monosyllabiques persistent dans sa diction tant et si bien qu’il faut non seulement reconstituer la phrase mais aussi les mots.
J’eusse préféré d’avantage qu’il me parlasse en british ce brave homme j’aurais pu afficher mon flegme qui me sauva de biens des situations embarrassantes, par le passé… Et contempler le paysage au travers de la vitre d’un air entendu.
Bref ! Évitant au maximum de le vexer,
je fis des efforts démesurés
( vous me connaissez à présent pour savoir ce dont je suis capable, en la matière )
continuant d’acquiescer tout en faisant semblant que j’étais ravi qu’il me parlasse en ce qu’il croyait être ma langue le brave homme..
Il faut évidemment avouer que si je devais m’exprimer en vietnamien au lieu de dire
« il fait très beau aujourd’hui et Hanoï est une ville extraordinaire, il y a même des canards qui parlent anglais  »
(nó là rất tốt đẹp ngày hôm nay và Hà Nội là một thành phố tuyệt vời, có vịt thậm chí nói tiếng Anh)
je dirais ,
pensant être agréable à mon hôte
 » ta mère est une grosse pouffe et ton père était bourré quand il l’a épousé tu peux me la ramener pour que je te refasse  » …
(mẹ là một pouffe lớn và cha của bạn là say rượu khi ông kết hôn với bạn có thể mang nó đến tôi, tôi sẽ làm lại)
Miracle des accents toniques sur les mots d’une même phrase monosyllabique
aux mille et une possibilités de sens selon la  » petite musique et l’air que l’on y chante ».

Nul doute que le tarif se serait vu doublé à l’arrivée.

………..

Porteur de panier

« Lê Quý Dôn krômé du p’tit vé-lô Ô fond de la cour » aurait pu dire Perec. (*)

Je dois vous avouer qu’entre autres raisons, j’y allais un peu pour ça, aussi.
(Fin de l’incipit).

En arrivant à Saigon (ou plutôt Hô-Chi-Minh-Ville ) le premier jour,
j’avais pris une photo, au vol, en passant devant, ne me doutant d’abord pas…
À l’angle de la rue Xô Viêt Nghê Tinh et de la rue Nam Ký Khói Nghia je me trouve face à lui…

Lê Quý Dôn…
A-t-on idée ?

Ça ressemble à du Sphétanie Spain Ottocar, une amie sur facebook qui pond des textes dans un français « approximatif » savoureux ( un jour je te ferai voir un petit aperçu de ses capacités littéraires hors du commun )

Je retourne autour du pâté de maison,
je n’ai malheureusement pas pu rentrer dans le bâtiment,
donc j’en fais le tour;
il y a plusieurs entrées,
deux encore en activité et une,
manifestement plus ancienne,
qui a du servir dans des temps lointains,
peut être à son époque…
Je scrute les différentes façades l’imaginant,
jeune fille, dans ce lycée,
en uniforme bleu et blanc
et petites soquettes blanches dans des souliers vernis noirs,
il y a de cela très longtemps…
Bavardant avec d’autres camarades,
regardant autour d’elle,
de l’autre côté de la grille.
Fille d’expat. dans « son » pays qui n’est pas le sien,
L’amère déception,
après l’indépendance
(gagnée de haute lutte)
comme tous les enfants dans ce cas,
devenus grands
qui deviendront d’éternels déracinés.

Je me la ramène parce que je suis sur le lieu.

Exactement !
Comme aurait dit Gainsbourg.

Le lycée Chasseloup-Laubat
où Duras fut élève.

Lê Quý Dôn…
Si Marguerite avait su ça !

Lê Quý Dôn…
A-t-on idée ?

……

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En tout cas, gare aux mauvais élèves… La preuve !
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Et le petit amant est toujours là, il l’attend.


(*) Allusion fine de l’auteur de ces lignes au livre de G. Perec « Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? » (Denoël, 1966).
Mais tu l’as déjà lu, n’est-ce pas ?

E’ville-Lubudi…

En 2009 j’étais passé par une partie de cette route (entre Lubumbashi et Likasi où nous avions bifurqué vers l’Est, en direction de Lukafu)… Route qui n’a pas changé d’un iota depuis lors.
Cinquante ans plus tôt, mon père (d)écrit dans un cahier de brouillon,
parmi diverses préparations de cours d’anglais,
ce (trop rare) petit mot plus personnel
qui n’a rien à voir,
au niveau du style,
avec (l’abondante) correspondance échangée entre lui et la famille en Belgique.
Si j’en crois les dates, nous sommes entre le 21 et le 24/04/1962, durant le congé de Pâques.
Pour une fois je lis dans un style moins épistolaire le regard de quelqu’un sur le pays d’adoption.
Les gens de cette génération ne se confiaient pas beaucoup…
Aucune ambition rédactionnelle de parution dans ces trois pages,
juste un événement marquant dans cette petite « expédition » de quatre jours pour rendre visite à la belle-sœur et son mari fraîchement installés à Lubudi.
Le côté sympathique aussi est,
qu’à aucun moment,
le propos n’est paternaliste ou raciste.
Tout au plus Population sympathisante et sympathique pour les coupeurs de cheveux en quatre.
Mais c’est vraiment chercher la petite bête.
Plus tard, je ferais souvent ce trajet pour les congés scolaires,
comme si la brousse et la savane avaient un autre parfum d’exotisme 320 km plus loin.
Allez ! Zou !… Aventure ! T’es en ’62.
ça commence au deuxième paragraphe.

Départ à 12h15 pour couvrir les 320 kms dont 170 d’asphalte jusqu’à Nguba. A partir de là, c’est la vieille route Katangaise avec ses aléas. Population sympathisante et sympathique.
Épreuve assez dure pour l’Ondine : à 50 km/h de moyenne, nous sommes tellement secoué que Luc remet tripes et boyaux
sur les 70 km de la fin.
Caractéristiques générales du paysage . Savane aux arbres de taille moyenne.
La route suit de longs mamelons bien boisés pour descendre de temps en tempsdans un fond marécageux. Au loin profil constant de massifs élevés qui seront abordés après Makabe Kazani…

Dis… Tu ne crois tout de même pas que je vais tout recopier ?
« CLIC » et « re-CLIC » sur les images et, par miracle,
elles s’agrandiront,
et tu pourras lire la suite.

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E'ville-Lubudi
Je t’ai fait un petit plan du trajet, cool, non ?

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La dentelière.

Elle s’occupe
tranquille
tandis qu’au travers
d’un vieux viseur
trouvé en brocante
il la fixe.

.
De quoi as-tu peur, Wispra ?

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